Lors de la Journée sur la Création qui s'est déroulée à la paroisse Sacré-Coeur à Fréjus (France) les 4 ( fête de François d'Assise) et 5 octobre dernier, le diacre Robert a mis sur YOU TUBE le diaporama qu'il a concocté pour le dimanche 5 octobre. Nicole Moller, secrétaire bénévole de la FSIRA (Fraternité Sacerdotale Internationale pour le Respect des Animaux) m'a écrit que le diacre Robert " a été très applaudi dans l'église du Sacré Coeur" lors de la présentation de son diaporama sur la Création. Il faut vraiment le voir pour apprécier l'excellent travail du diacre Robert et on comprend pourquoi les paroissiens l'ont tant apprécié ! Vous pouvez le visionner à l'adresse suivante:
http://fr.youtube.com/watch?v=F6SZ44nb5XI
mercredi 22 octobre 2008
mardi 21 octobre 2008
PROFESSION RELIGIEUSE À MADAGASCAR

PROFESSION SOLENNELLE ET ORDINATION SACERDOTALE À MADAGASCAR.
Les dates du samedi 9 et dimanche 10 août dernier resteront gravées dans les annales de la Province et la Custodie de l’Immaculée Conception de Madagascar. En effet, le samedi 9 août, sept frères se sont engagés définitivement dans l’Ordre des Franciscains au cours d’une messe solennelle présidée par le custode et en présence, évidemment, du ministre provincial, du secrétaire provincial et de tous les frères de la Custodie. Pour illustrer leur engagement définitif à Dieu et dans l’Ordre, ces nouveaux profès solennels ont pris comme thème un passage de l’Évangile selon saint Jean : »Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisi » (Jn 15,16). Cela pour dire que nous ne nous engageons pas définitivement dans la vie religieuse par notre propre mérite, c’est plutôt Dieu, avec sa grâce, qui nous appelle.
Le lendemain, cinq d’entre ces nouveaux profès solennels ont été ordonnés diacres. Cette fois-ci, le thème qui les animait était tiré de la Première Lettre de saint Pierre : « Mettez-vous chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns les autres » (1 P4,10). En effet, est-il encore nécessaire de nous rappeler que la raison d’être des diacres se centre surtout sur le « service » ?
Ces deux cérémonies ont été marquées par l’unité et la solidarité qui règnent au sein de la famille franciscaine : la présence des frères Capucins, des laïques franciscains dont les Jeunesses Franciscaines et les Fioretti, ont fortement investi, avec les frères, à l’animation de la liturgie et aux danses liturgiques. On a aussi constaté la participation des nombreuses sœurs franciscaines qui ont mis beaucoup de travail à la préparation du repas.
Ces deux célébrations ont été, la veille, précédées par une veillée de prières pendant laquelle chacun des frères futurs profès solennels et futurs diacres, était invité à partager leurs parcours, l’origine de leur vocation, leur entrée dans l’Ordre jusqu’à ce jour où ils avaient décidé de s’engager définitivement et d’être ordonnés diacres. Tous les sept frères se sont succédés pour faire leur partage devant un public composé essentiellement des frères et des membres de leurs familles venus assister à cette soirée.
Nous allons soulever deux points que nous jugeons remarquables : les éléments qui les ont attirés à s’engager dans l’Ordre et les difficultés qu’ils ont surmontées. D’abord, les frères ont tous été séduits par quatre vertus qui se vivent chez nous : la simplicité, l’humilité, le soutien et l’amour fraternel. Lorsqu’ils étaient regardants, ils avaient admiré le fait que chez les Franciscains il n’y avait pas de grande distinction entre les supérieurs et les frères; ils avaient vu qu’aussi bien les supérieurs que les frères se mêlent et font les mêmes sortes de travail : au champ, à la rizière, le ménage et le nettoyage de la maison. D’autres étaient frappés par le fait que les frères étaient plus à l’aise à porter les sandales que les chaussures. Autre chose : une fois engagés dans l’Ordre, ces frères affirment avoir expérimentés l’amour et le soutien fraternel. Quelques-uns citaient le soutien fraternel que les frères manifestent envers eux au cours des moments difficiles de leur vie comme lors de la perte d’un membre de la famille.
Concernant les difficultés, les frères mentionnaient trois points qui leur semblaient pénibles au début mais qu’ils ont mieux compris et intégrés par la suite : premièrement, le problème de la relation avec la famille. En effet, la culture malgache étant très attachée à la famille, la question se pose : comment se détacher de la famille ? Mais il fallait le faire pour pouvoir vivre pleinement la vie religieuse. Ils ont souffert intérieurement quand ils ne pouvaient plus suivre tous les mouvements de la famille. Ils ont cependant compris que cela était requis afin de pouvoir suivre le Christ. Seconde difficulté : comment vivre la diversité ? Une fois entrée dans l’Ordre, il fallait vivre avec des gens qu’on ne connaissait pas, qui venaient de différentes régions et même de différentes nationalités. Au début, cela leur paraissait difficile, mais ils ont, petit à petit, compris que la diversité, loin d’être mauvaise, est une richesse. Enfin, troisième difficulté : le problème des études qu’ils ont dû effectuer avant leur engagement et pendant leurs parcours académiques dans l’Ordre. Ainsi, ils ont beaucoup travaillé pour obtenir leur baccalauréat, une des conditions requises pour pouvoir être reçu comme aspirant. Une fois dans l’Ordre, après le noviciat et la première profession, il fallait s’efforcer dans les études philosophiques et théologiques qui n’étaient pas toujours faciles.
Nous souhaitons persévérance à ces nouveaux profès solennels et diacres.
Fr. Charles, ofm, Madagascar
lundi 13 octobre 2008
DES NOUVELLES DE MADAGASCAR
J'ai reçu des nouvelles de Madagascar du fr. Jean-Pierre,ofm, du couvent des novices à Antsirabe à Madagascar. Je vous partage sa missive. Comme vous le constaterez, les vocations ne manquent pas à Madagascar !
Sur la photo, le fr. Jean-Pierre et votre humble serviteur à Antsirabe.
Salut Richard!
Nous rentrons maintenant dans la période de pluie. Comme tu le sais déjà, les trous de la ville se remplissent d'eau et bientôt ils vont se multiplier rapidement à moins que le gouvernement prenne une résolution rapide.
Nos jeunes ne cessent de parler de toi concernant de ton passage innoubliable.
Nous avons maintenant une floraison considérable de vocation. Aujourd'hui le 13 octobre commence un nouveau groupe de17 jeunes aspirants à St Damien, Antsirabe. C'est Fr Bruno qui va s'occuper d'eux. Je ne sais pas comment il va s'oragniser pour rentrer ce nombre dans la petite maison de ce lieu.
A la prochaine et je te sounaite bon travail!
Fr. Jean Pierre, ofm
Sur la photo, le fr. Jean-Pierre et votre humble serviteur à Antsirabe.
Salut Richard!
Nous rentrons maintenant dans la période de pluie. Comme tu le sais déjà, les trous de la ville se remplissent d'eau et bientôt ils vont se multiplier rapidement à moins que le gouvernement prenne une résolution rapide.
Nos jeunes ne cessent de parler de toi concernant de ton passage innoubliable.
Nous avons maintenant une floraison considérable de vocation. Aujourd'hui le 13 octobre commence un nouveau groupe de17 jeunes aspirants à St Damien, Antsirabe. C'est Fr Bruno qui va s'occuper d'eux. Je ne sais pas comment il va s'oragniser pour rentrer ce nombre dans la petite maison de ce lieu.
A la prochaine et je te sounaite bon travail!
Fr. Jean Pierre, ofm
lundi 6 octobre 2008
RAYMOND MAILHIOT, OFM, ARRIVE BIENTÔT À MONTRÉAL.
Raymond Mailhiot, ofm, missionnaire en Haïti, arrivera mercredi prochain le 8 octobre à Montréal en provenance de Port-au-Prince. Raymond Mailhiot profitera de son séjour pour tenter de résoudre les difficultés qu'il éprouve avec ses yeux. Nous reviendrons avec Raymond sur ce site au sujet de sa mission en Haïti et de la situation actuelle dans ce pays.KENYA: JACQUES ST-YVES, OFM, SE PORTE MIEUX...

Jacques St-Yves, ofm, revient d'un séjour de trois jours à l'hôpital, aux soins intensifs, après avoir perdu connaissance jeudi dernier lors de l'exposition du Saint-Sacrement. Il nous écrit: "On m'a transporté à l'hôpital et après examen on a découvert qu'un caillot de sang dans une veine du cou a obstrué la circulation du sang et a provoqué une réduction de l'oxygène alimentant le cerveau. J'ai passé la fête de saint François (4 octobre) à l'hôpital, je suis arrivé au couvent (à Nairobi, Kenya) à la fin de l'après-midi. Pour le moment je vais un peu mieux mais je me sens fatigué. Je me prépare à remplacer l'évêque de Djibouti pour trois semaines à partir du 10 novembre."
Prions pour la santé de Jacques St-Yves. Nous vous donnerons d'autres nouvelles à son sujet bientôt.
Sur la photo: Jacques St-Yves avec les frères franciscains au Kenya.
vendredi 26 septembre 2008
LE P.JACQUES LEFEBVRE DANS VOTRE PAROISSE
NE MANQUEZ PAS LA VISITE DU
PÈRE JACQUES LEFEBVRE
DANS LES PAROISSES.
Le P. Jacques Lefebvre, ofm, un frère dynamique et passionné par la mission (il fut missionnaire au Pérou pendant quelques années) visite les paroisses afin de présenter aux fidèles les missions des franciscains.
Sur la photo, le P. Lefebvre avec un jeune de l'école du Petit Chercheur (Ste-Rose-de-Watford) du Comité de l'environnement de l'école qui avait ramassé des fonds pour aider à la construction du nouveau réservoir d'eau de l'église franciscaine de Tingo Maria au Pérou. Le P. Lefebvre avait visité l'école afin d'y présenter des diapositives sur nos missions franciscaines au Pérou.
Pour ne pas manquer sa présence parmi vous, veuillez noter la date de son passage à votre paroisse :
-4+5 octobre : Paroisses St-Joseph et Notre-Dame-des-Champs, à Orléans, Diocèse d'Ottawa.
-1+2 novembre 2008 : Paroisse St-Lambert, à St-Lambert-de-Lauzon, Diocèse de Québec.
-8+9 novembre 2008 : Paroisse Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, à Charny,Diocèse de Québec.
-15+16 novembre 2008 : Paroisse Très-St-Rédempteur, à Montréal, Diocèse de Montréal.
-29+30 novembre 2008 : Paroisse St-Michel, à Montréal, Diocèse de Montréal.
-10+11 janvier 2009 : Paroisse Le Bon Pasteur, Communautés St-Jean-Vianney et St-Robert, à Longueuil, Diocèse de St-Jean-Longueuil
-17+18 janvier 2009 : Paroisse Le Bon Pasteur, Communauté St-Hubert, à St-Hubert, Diocèse de St-Jean-Longueuil
-24+25 janvier 2009 : Paroisse Immaculée-Conception, à St-Hubert, Diocèse de St-Jean-Longueuil
-31 janvier+1er février 2009 : Paroisse Le Bon Pasteur, Communauté St-Georges, à Longueuil, Diocèse de St-Jean-Longueuil
mardi 23 septembre 2008
REVUE SEPTEMBRE 2008
RÉPANDRE LA BONNE NOUVELLE AUX QUATRE COINS DU MONDE !
Voici les articles de la Revue des Missions des Franciscains de septembre 2008 (Vol.86 no.3).
- Bonne lecture !
Photo du haut: JMJ 2008 à Sydney, Norman Lévesque et Émilie Renders accompagnés de deux pélerins (voir l'article "François d'Assise aux JMJ: Un travail missionnaire nous attend !")
Norman Lévesque (à gauche) et Richard Chartier (à droite) aux JMJ à Sydney
Jeunes de la paroisse franciscaine à Antsirabe (Madagascar) (Voir l'article "Situations inquiétantes en Afrique")
Enfants du Foyer Bethléem (voir l'article "Le Foyer Bethléem")
Foyer Bethléem
- FRANÇOIS D'ASSISE AUX JMJ: UN TRAVAIL MISSIONNAIRE NOUS ATTEND !
Richard Chartier, ofs
Avec l'appui de deux organisations catholiques françaises pour le respect des animaux (Fraternité sacerdotale internationale pour le respect des animaux (FSIRA) et l'Association catholique pour le respect de la création animale ou Notre-Dame-de-Toute Pitié (NDTP) ) et les Franciscains, Norman Lévesque, moi et ma nièce avons participé aux JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) à Sydney (Australie) du 15 au 20 juillet dernier afin d'animer un atelier sur François d'Assise et le respect de la Création. Norman Lévesque, un jeune chrétien engagé pour le respect de l'environnement, avait bien préparé la présentation (sur support informatique avec projection sur écran) intitulé "Créer des liens". L'exposé démontre que l'être humain, créature de Dieu, fait parti intégrante de la nature et que nous sommes liés de toute évidence aux autres créatures sur Terre.
D'abord Norman a expliqué par des faits scientifiques la profonde relation que nous entretenons avec la nature. De fait, l'Homme ne peut polluer l'environnement sans que cela nous affecte grandement ainsi que tous les êtres vivants de la planète. Il est donc essentiel voire vitale de protéger l'eau, l'air et la terre, éléments fondamentaux qui maintiennent la vie sous toutes ses formes.
Cette démonstration soutenue par la science, trop complexe ici à détailler, rejoint de manière surprenante le message de François d'Assise qui nous a enseigné que chaque élément et chaque créature façonnés par Dieu doivent être aimés et respectés par l'être humain puisque le Créateur a forgé un Tout indissociable l'un de l'autre. Il s'agit de l'œuvre de Dieu, précieuse et belle, qu'Il nous a confié non pas pour la dominer et l'exploiter sans vergogne, mais pour retrouver son Amour réparti parmi les diverses unités qui composent l'Univers. Nos frères les animaux comme l'exprimait tendrement François d'Assise ne sont pas des machines dont nous pouvons disposer à notre guise. Au contraire, notre devoir est de les protéger et de les aimer quel que soit leur apparence et leur aspect physique car chaque créature est utile et nécessaire. La Bible nous interpelle à ce sujet, par exemple: "Car le sort de l'humain et le sort de la bête sont un sort identique, c'est un même souffle qu'ils ont tous les deux. La supériorité de l'humain sur la bête est nulle, car tout est vanité" (Ecclésiaste 3,19). Et dans la Genèse, il est dit "Un couple de chaque espèce viendra à toi pour survivre" (Genèse 6,20).
Près de 200 jeunes de diverses nationalités ont assisté à l'atelier en anglais et en français. De nombreux participants nous ont rencontré après l'atelier pour nous exprimer leur gratitude car ils pouvaient désormais tiré de l'enseignement de l'Évangile et d'un témoin important de l'Église (François d'Assise) les notions chrétiennes pour la sauvegarde de la Création et le respect de nos frères les animaux. En effet, l'exposé puisait dans la Parole de Dieu des extraits fort éloquents sur le respect des animaux et de la nature. De même, les jeunes ont été frappé par le discours de François d'Assise qui demeure toujours d'actualité. Nous avons d'ailleurs terminé l'atelier par la magnifique prière de François "Le Cantique des Créatures".
Soulignons que le Pape Benoît XVI a invité les jeunes pèlerins à s'engager fermement pour la sauvegarde de la Création car les chrétiens ont le devoir de protéger et conserver l'œuvre de Dieu. D'ailleurs, ce sont un mignon koala et un joli petit kangourou, deux animaux emblématiques de l'Australie qui ont accueilli le Saint-Père à son arrivée à Sydney. Notons que le Pape Jean-Paul II avait déclaré en 1979 que "la protection animale est une éthique chrétienne".
Je garde espoir que les jeunes chrétiens apporteront les valeurs évangéliques et franciscaines chacun dans leur coin de la planète et qu'ils agiront en faveur du respect de la nature et de nos frères les animaux. Pour les jeunes et pour chacun de nous il y a là un travail missionnaire exceptionnel, un défi qu'il faut absolument relever si nous voulons assurer l'avenir de la Terre et ainsi conserver la Création de Dieu.
Pour obtenir des informations sur les groupes mentionnés dans cet article vous pouvez consulter leurs site Internet: FSIRA: http://www.animal-respect-catholique.org/ et NDTP: http://pagesperso-orange.fr/nd-toute-pitie ou veuillez m'écrire ou me téléphoner au Bureau des Missions (coordonnées à la dernière page de la revue). Pour rejoindre Norman Lévesque, vous pouvez consulter son site Internet Gardiens de la Création à: http://www.gardienscreation.org/ ou me rejoindre au Bureau des Missions.
25 ANS DU PROJET AFRIQUE
CHAPITRE DES NATTES AU KENYA
Jacques St-Yves, ofm
Du 23 au 27 juin 2008, à Nairobi au Kenya, plus de 60 frères, en présence du Ministre général de l’Ordre et du Définiteur général pour l’Afrique, se sont réunis pour célébrer les 25 ans du « Projet Afrique ».
Durant 4 jours nous avons fraternisé et célébré avec joie, enthousiasme et confiance ce jubilé d’argent qui soulignait le début de ce projet lancé en 1983 par l’ancien Ministre général, Fr.John Vaught.
Ce rêve d’il y a 25 ans est maintenant devenu une réalité dans la Province saint François en Afrique, Madagascar et Ile Maurice. Actuellement la Province africaine, avec plus de 104 frères, est présente dans 9 pays : Kenya, Tanzanie, Malawi, Ouganda, Zambie, Rwanda, Burundi, Madagascar et Ile Maurice.
Notre Province franciscaine du Canada est fière d’avoir participé, dès le début, à ce projet en y envoyant des frères comme missionnaires. Les frères Cassien Marcil, André Comtois et Léandre Poirier ont travaillé plusieurs années au Malawi, Burundi et Kenya. Actuellement sont encore présents le frère Alain Bouchard (à Madagascar) et le père Jacques St-Yves (au Kenya). En plus de ces 5 missionnaires québécois, deux de nos confrères franciscains sont venus ici comme visiteurs canoniques : les frères Sylvère Leblanc et Clarence Laplante.
Au cours du Chapitre nous avons d’abord rendu grâce à Dieu, avec reconnaissance, pour ces 25 années de notre présence en Afrique, après quoi nous nous sommes rappelés le passé avec reconnaissance, et ensuite nous avons analysé, avec confiance, le présent et enfin nous avons envisagé le futur avec espoir.
Pour l’appui , les encouragements et l’aide reçu de la Province Franciscaine et des bienfaiteurs du Canada nous restons toujours reconnaissants. Que Dieu vous bénisse.
SITUATIONS INQUIÉTANTES EN AFRIQUE
LES ENFANTS D’AFRIQUE EN DANGER
L’Unicef a prévenu en mai dernier que la crise alimentaire mondiale risquait d’aggraver la mortalité infantile en Afrique, déjà élevée malgré des progrès ces dernières années. « Une large part des enfants d’Afrique sont mal nourris, et cela pourrait s’aggraver avec l’augmentation mondiale des prix alimentaires », a alerté la directrice générale de l’Unicef, Ann Veneman.
Un quart des enfants d’Afrique sub-saharienne (Somalie exceptée, plus l’Algérie) mourant avant cinq ans décèdent de maladies néonatales, 21% de pneumonie, 18% du paludisme, 17% de maladies diarrhéiques et 7% du Sida, selon l’Unicef (Tiré de Jeune Afrique, 4 juin 2008).
INÉGALITÉS CROISSANTES EN AFRIQUE
Lors du Forum économique mondial sur l’Afrique qui réunissait des chefs d’états africains et des sommités du monde des affaires, un rapport alarmant a souligné que « le nombre d’Africains sous-alimentés a augmenté depuis des années et porte aujourd’hui sur environ 200 millions de personnes ». De plus, « 500 millions d’Africains survivent toujours avec moins de deux dollars par jour, alors que certains membres de la classe politique ou du milieu des affaires sont devenus extrêmement riches ». Le Forum économique mondial estime que les inégalités croissantes sur le continent sont un facteur d’insécurité et d’instabilité politique (Tiré de Jeune Afrique, 4 juin 2008).
L’ASSOCIATION RAYON DE SOLEIL À MADAGASCAR
Richard Chartier, ofs
Le frère Gabriel, assistant spirituel de l’Association Rayon de Soleil, a prononcé ses vœux solennels et a été ordonné diacre les 9 et 10 août dernier à Antsirabe. Il vous demande de le soutenir par vos prières afin qu’il puisse persévérer dans son choix de vie religieuse.
D’ailleurs, l’Association Rayon de Soleil qui porte secours aux veuves et aux veufs et leurs enfants, grâce à vos dons, a pu venir en aide à des personnes en difficultés, dix-neuf familles ont bénéficié d’une aide pécuniaire sous forme de micro crédit (prêt remboursé sans intérêt sur une période entre cinq et douze mois selon l’entente) afin qu’ils puissent mettre sur pied un petit commerce (vente de balais, de légumes, de fruits, de ciment, etc.). Cela leur permet de sortir de l’extrême pauvreté dans laquelle ils sont plongés. L’Association constate que tout semble bien fonctionner puisqu’une bonne partie des sommes prêtées ont déjà été remboursées. Certains ont même été en mesure de se construire une modeste maison grâce au support de l’Association. Aussi, les responsables de l’Association souligne que les dons ont servi à soutenir les « Enfants du Soleil » souvent sous forme de nourriture et de médicaments.
Le 17 février, l’Association a fêté sainte Bernadette la patronne de l’œuvre des frères Franciscains. La journée a commencé par une messe célébrée dans la chapelle des frères à Antaninandro et s’est poursuivie par une excursion à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Malgré le mauvais temps qui sévissait à cause d’un cyclone qui rodait dans l’Océan Indien, tout le monde était vraiment heureux de cette sortie en groupe. En effet, pour certain on aurait cru que c’était leur première sortie, prières, chants, rires fusaient dans l’autobus qui les emmenait à l’endroit convenu. Pour beaucoup, le temps paraissait trop court et la journée s’est terminée par des prières de remerciement à Dieu et à sainte Bernadette. Merci à vous chers donateurs puisque vos généreuses contributions ont permis à des pauvres de la capitale de Madagascar de pouvoir vivre une belle journée remplie de bonheur et de joie.
Les responsables de l’Association Rayon de Soleil vous remercie infiniment et fraternellement ( Fr. Gabriel, Dr Laure, présidente, Dr Hanta (vice-président), Dr George, Monique, Julia, Marthe et Georgine).
LE FOYER BETHLÉEM
Fr. Roger Poudrier, ofm
La Revue des Missions des Franciscains d’avril 2007 parlait des enfants abandonnés en Haïti. Le fr. Roger Poudrier est retourné à l’Asile communal de Cap-Haïtien et nous tient au courant des derniers développements.
Par une journée radieuse, une jeune femme dans la vingtaine se présente à l’Asile communal. Elle semble vouloir visiter les enfants du Foyer Bethléem ; il s’agit d’un bâtiment qui leur est réservé. À la surprise des frères, avant qu’ils aient pu parler avec elle, elle a déjà disparu, non sans laisser un cadeau : Marcel, un bébé d’un an environ, d’une maigreur effroyable. On aurait dit une feuille en train de sécher à vue d’œil. Il a survécu.
Le Foyer Bethléem, c’est une maison pour des enfants abandonnés comme Marcel ou de petits orphelins. D’autres sont laissés à l’hôpital après leur naissance et confiés aux frères. D’autres encore sont amenés par une tante, un oncle, une grand-mère. Sans emploi, certaines mamans n’ont pas les moyens de nourrir une bouche de plus et ont recours à cette solution de rechange.
Actuellement, le Foyer accueille 46 enfants ; il n’y en avait que 34 l’année dernière. Certains ne survivent pas à la malnutrition ou aux maladies infantiles. À l’exception d’une douzaine qui sont sains et vont à l’école dès que possible, les autres sont handicapés physiquement ou intellectuellement. Certains ne marcheront jamais, d’autres ne parleront jamais. Certains parviennent difficilement à la continence, d’autres oublient d’avaler leur salive. Les frères doivent tout faire pour eux : les faire manger, les laver, les changer quand ils se salissent, leur donner le bain, les habiller et tout le reste.
Pour ces petits de un à douze ans, le Foyer est une grâce ! Ils s’y sentent en sécurité, semblent heureux, peuvent compter sur les frères qui les aiment, veillent sur eux et leur tiennent lieu de papas ou de grands frères. En perdre un est toujours pénible.
Les Missionnaires des pauvres – c’est le nom de leur communauté religieuse fondée en Jamaïque en 1980 – font vœu de servir gratuitement ceux que la société rejette ; ils dépendent entièrement de la générosité de bienfaiteurs. Ils ont grand besoin de nourriture, d’articles de toilette (couches et savon), de médicaments de base, de vêtements pour les enfants. Le bureau des Missions des Franciscains acheminent la totalité des dons de façon sécuritaire au Foyer Bethléem. Grand merci au nom des enfants.
Ceux qui vont au Cap-Haïtien peuvent aller les visiter. Comme tous les enfants du monde, ils adorent la visite et aiment se faire prendre! Cœurs trop sensibles, s’abstenir !
Fr. Roger Poudrier, o.f.m.
Adresse : Asile communal, P.O.Box 81, Ste-Philomène, Cap-Haïtien, Haïti, W.I.
Courriel : mophmhaiti@yahoo.com
Site : www.misionariesofthepoor.org
DE BONS MOTS DE LA PART DE DONATEURS
Richard Chartier, ofs
Nous sommes toujours heureux de recevoir des lettres de nos donateurs, nous vous remercions pour vos encouragements et votre fidèle support à nos œuvres. Cela nous fait chaud au cœur de vous lire ! Voici quelques missives reçues au Bureau des Missions :
Merci pour votre bon travail. Très agréable de lire votre revue pour savoir ce qui se passe dans le domaine missionnaire.
Union de prières.
Mme Eliane Higgs
Canton Magog, Québec
Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt la revue « Missions des Franciscains ». L’ouvrage ne manque pas et les rangs sont de plus en plus clairsemés. Cet état chez les missionnaires est mondial ! Ces missionnaires sont tous des saints, par chance que Dieu les habite, c’est incroyable ce qu’ils font tous !
Mme Nicole Paré
Thetford Mines, Québec
Votre article « De la brousse à la bourse » (Juin 2008, Vol. 86, no.2) m’a particulièrement touché. Je sais que le même problème se reproduit en Amérique centrale et au Pérou et que des minières canadiennes sont impliquées ! Il faut agir !
Mme Lucille Gaudet
Ottawa, Ontario
Félicitations ! J’y retrouve toujours des nouvelles de l’Amazonie : pour moi c’est comme un retour aux sources où j’ai pu collaborer avec les meilleurs des missionnaires, les franciscains Mgr Laberge et Mgr Guibord.
Union de prières.
Père Marcel Paquette, m.s.a.
Rockland, Ontario
SEMAINE MISSIONNAIRE MONDIALE
Richard Chartier, ofs
La Semaine missionnaire mondiale, du 12 au 19 octobre 2008, est une occasion pour tous les fidèles de se solidariser avec les missionnaires des quatre coins du monde par la prière, une offrande, une messe ou en posant une action concrète dans son milieu en faveur des missions.
Le 19 octobre, lors de la Journée missionnaire mondiale, les catholiques sont invités à se rassembler autour du thème « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14,16)
Nous sommes baptisé(e)s pour la mission nous dit le Guide d’animation missionnaire de l’Oeuvre pontificale de la propagation de la foi. Le texte poursuit ainsi : « Le livre de la Parole est ouvert. Il raconte la longue marche du peuple des croyant(e)s. Peuple de prophètes, de disciples, d’apôtres et de missionnaires.
Aujourd’hui, cette histoire sainte est remise entre nos mains pour que nous en écrivions la suite. Pour que, à la suite de Pierre, Paul, André, Thomas et les autres, nous prenions la barque de l’Église afin d’aller à la rencontre de tous ceux et celles qui ne connaissent pas Jésus ou qui se sont éloignés de lui pour un temps.
La Parole de Dieu est une nourriture véritable. C’est le Seigneur lui-même, « Chemin, Vérité et Vie », qui se donne à travers elle.
Aujourd’hui, il envoie ses disciples-missionnaires porter le « pain de sa Parole » à tous les mendiants d’éternité ».
- LETTRE DU FR. ALAIN BOUCHARD, ofm, DE MADAGASCAR
Chers donateurs, que le Seigneur vous donne sa paix et de la santé.
Pour moi, ma santé est bonne, il faut être prudent car je n’ai plus 20 ans mais il faut savoir s’arrêter et aller doucement. Cela me permet de faire toutes mes courses et les activités que la vie en mission demandent.
Nous avons eu de grandes réjouissances le 9 août dernier, sept de nos frères ont prononcé leurs vœux d’engagements solennels. Le 10 août, cinq ont été ordonné diacre, c’est un avancement de l’ordre à Madagascar qui assure l’avenir des Franciscains dans cette région du monde. À cette occasion le supérieur de la Province d'Afrique est venue du Kenya et il profitera de sa présence pour rencontrer les frères et procéder à quelques nominations.
Deux de nos nouveaux diacres ont fait leur demande de visa pour l' Île Maurice afin d’accomplir leur année de diaconat et acquérir de l'expérience pour leur futur engagement dans le ministère. Aussi, cela contribuera à tisser des liens entre l'Île Maurice et Madagascar qui seront réunis en une Province franciscaine ultérieurement. Cette Province comprendrait les Îles Maurice, Réunion, Rodrigue, Comores en une seule identité.
Nous venons de réaliser le désir des frères par l’achat d’un terrain agricole à quelques kilomètres d’Antsirabé. Nous ferons la culture du riz et de légumes afin de subvenir à notre subsistance.
Notre construction de la maison du postulat est en marche depuis trois mois, ils en sont à l’étage, on espère la fin des travaux dans une année. Comme vous le constatez le travail ne manque pas. Restons unis dans la prière.
Mes salutations fraternelles à tous les donateurs. Merci de nous soutenir dans notre mission à Madagascar.
NOUVEAU MINISTRE PROVINCIAL POUR LES FRANCISCAINS
DE LA PROVINCE SAINT-JOSEPH DU CANADA
Le Chapitre provincial, célébré à l’Ermitage Sainte-Croix à Pierrefonds (Montréal), du 20 au 24 mai 2008, a élu au gouvernement de la Province les frères suivants :
Marc Le Goanvec, ministre provincial;
Gilles Bourdeau, vicaire provincial;
Roland Bonenfant, définiteur;
Pierre Charland, définiteur;
Guylain Prince, définiteur;
André Racine, définiteur.
Nos prières accompagnent le nouveau Ministre provincial et les définiteurs. Que François d’Assise continue de vous inspirer et de vous éclairer.
jeudi 18 septembre 2008
REVUE JUIN 2008

LES FRÈRES PRÉSENTEMENT EN MISSION
(article "85 ans à semer l'espoir pour bâtir un monde meilleur")

RAYMOND MAILHIOT,ofm (au milieu) AVEC LES PREMIERS FRÈRES LORS DE LA FONDATION DU PROJET MISSIONNAIRE EN HAÏTI (Voir l'article "Le P. Raymond Mailhiot, ofm, Haïti après 20 ans : la persistance du premier appel")

VUE SUR PESTEL (HAÏTI) AVEC DES JEUNES HAÏTIENS (article Raymond Mailhiot, ofm)

FAMILLE AU PÉROU (voir l'article "Le Vicariat Saint Joseph de l'Amazonie..." de l'abbé Louis Castonguay)
P. PASCAL RAYMOND (au milieu) ET SES AIDES À LA PAROISSE D'ANDRAIKIBA À MADAGASCAR (voir l'article "Madagascar: une école à bâtir !")
LA REVUE DES MISSIONS :
85 ANS À SEMER L’ESPOIR POUR BÂTIR UN MONDE MEILLEUR !
Le premier numéro de la Revue des Missions des Franciscains est paru au début de l’année 1923.
Le Père Bonaventure Péloquin , de retour de Chine en 1921, fonde la Procure des missions pour ramasser des fonds et concerter l’action missionnaire de la communauté. Nous voulons rendre hommage au Père Péloquin, un pionnier, qui a voulu faire connaître les missions franciscaines et appuyer les œuvres des missionnaires.
Les Franciscains canadiens ont fourni, de 1903 à 1977, 170 missionnaires à l’Église. Ils ont été les premiers missionnaires canadiens à pénétrer au Japon, en Corée et en Amérique latine. Partout, par la parole et le témoignage d’une vie au service des autres, ils ont insufflé l’espérance chrétienne dans le cœur des hommes (Les Franciscains au Canada, sous la direction de Jean Hamelin, éd. Septentrion, 1990).
Nous profitons donc de l’occasion pour souligner le dévouement de tous les missionnaires, religieux, prêtres et laïcs en lien avec la communauté, qui au cours des années ont consacré leur vie pour assurer une présence franciscaine et être témoin de Jésus-Christ partout dans le monde. Nous les remercions pour leur engagement, leur travail qui parfois s’est vécu (et se vit encore pour certains missionnaires) dans des conditions difficiles et pour leur constante solidarité auprès des pauvres et des plus démunis.
CEUX QUI ONT SEMÉ L’ESPOIR ailleurs dans le monde et maintenant au pays après de nombreuses années en mission (nous mentionnons les frères missionnaires franciscains toujours vivants sinon la liste serait trop longue! ) :
-Carlos Candiotti, ofm (du Pérou, au Canada)
-André Comtois, ofm (Corée et Afrique)
-Ferdinand Deshaies, ofm (Pérou)
-Roland Désilets, ofm (Pérou)
-Cyprien Dubé, ofm (Pérou)
-Louis Germain, ofm (Pérou)
-Eugène Guertin, ofm (Pérou)
-Kevin Kidd, ofm (Afrique)
-Jacques Lefebvre, ofm (Pérou)
-Cassien Marcil, ofm (Japon et Afrique)
-Sarto-M. Marcotte, ofm (Pérou)
-André Racine, ofm (Pérou)
-Georges Morin, ofm (Corée)
-Vivalde Robert, ofm (Pérou)
-Bertrand-M. Sylvain, ofm (Terre-Sainte)
CEUX QUI SÈMENT L’ESPOIR ENCORE AUJOURD’HUI (les frères en mission présentement) :
-Alain Bouchard, ofm (Madagascar)
-Jacques St-Yves, ofm (Kenya, Afrique)
-Raymond Mailhiot, ofm (Haïti)
-Pacifique Dubé, ofm (Pérou)
-Bonaventure Dureau, ofm (Pérou)
-Manuel Kato, ofm (Pérou)
-Jacques Lalonde, ofm (Pérou)
-Paul Sylvestre, ofm (Terre-Sainte)
MERCI à vous, fidèles bienfaiteurs, grâce à votre générosité les missionnaires franciscains ont pu et peuvent encore répandre l’esprit de François d’Assise un peu partout sur la planète et agir avec et pour les laissés-pour-compte.
LE P. RAYMOND MAILHIOT, OFM, HAÏTI APRÈS 20 ANS : LA PERSISTANCE DU PREMIER APPEL.
Richard Chartier, ofs
Avant son départ en avril dernier pour la mission franciscaine d’ Haïti, qu’il a fondé en décembre 1987, je me suis entretenu avec le P. Raymond Mailhiot sur son engagement missionnaire.
-Comment s’est fait sentir l’appel pour partir en mission à l’étranger ?
R.M. : Cela s’est fait graduellement. En 1956, alors que j’étais étudiant au Collège Séraphique de Trois-Rivières, j’ai vu le film « Il est minuit Dr Schweitzer », j’ai été profondément touché par l’engagement de ce médecin, prix Nobel de la paix en 1952. J’avais alors écrit dans mon journal : « Pour la première fois, le désir de devenir missionnaire s’empare de mon cœur de jeune ». J’avais 20 ans. Ensuite, les missionnaires franciscains (du Japon et du Pérou) qui venaient visiter les étudiants et qui nous entretenaient des missions, fut un autre déclencheur. J’ai fait mon noviciat et j’ai ensuite entrepris mes études de philosophie avec un haïtien. Cet ami me répétait inlassablement que le charisme franciscain devrait être implanté en Haïti…Malgré l’affinité ressentie avec le tempérament et les valeurs de la culture haïtienne, tout est demeuré latent. Par la suite, les études en vue du sacerdoce et en sciences sociales m’ont longuement accaparé. Puis ce fut la direction du Camp Notre-Dame à St-Liguori, la fondation du Buisson Ardent à Lennoxville, la pastorale jeunesse, etc. Et voilà qu’en 1984, le Provincial de l’époque, Henri Éthier, me propose de m’occuper des prédications missionnaires et de l’organisation des missions de la Province. Je n’avais jamais été en mission, alors il me fallait vivre une expérience dans le Tiers-Monde pour mieux saisir et comprendre le travail missionnaire. La communauté m’a donc permis d’effectuer deux stages de formation et d’inculturation en Haïti, le premier du 5 mai au 8 septembre 1985 et le deuxième du 5 août au 12 octobre 1987.
-C’est lors de ces stages que vous avez éprouvé un vif sentiment pour fonder une mission en Haïti ?
R.M. : J’ai vécu en effet une expérience spirituelle très forte, en conscience, je devais répondre à cet appel. Au fond de mon cœur, je pensais toujours « évangélisation Îles Cayémites ». Lorsque j’ai rencontré Mgr Romélus, évêque de Jérémie, avant de revenir au Québec, je lui ai confié que je ne pouvais partir en paix sans lui partager ce qui brûlait dans mon cœur. L’évêque m’affirme alors que, depuis longtemps, sa grande priorité était d’établir un projet d’évangélisation aux Îles Cayémites mais qu’il ne trouvait personne…Une visite aux Îles suivie. La confirmation des desseins du Seigneur s’est alors révélée dans toute sa splendeur. Cette expérience au milieu de frères et de sœurs aux prises avec la misère et la pauvreté, démunis de tout et exploités par surcroît – mais combien riches de solidarité et d’espérance – n’a fait que creuser en moi le désir de vivre avec eux.
-Et ce fut le début de cette grande aventure des franciscains en Haïti.
R.M. : Oui, mais dans la prière et le discernement qui se sont poursuivis durant deux ans. Le 20 novembre 1987 je quittais le Canada pour me rendre au Guatemala à la recherche de frères franciscains. Le projet de fondation fut accepté par la Province Nuestra Senora de Guadalupe… Le 5 décembre j’entrais définitivement en Haïti, seul, mais deux mois plus tard, exactement le 2 février 1988, le Fr. Felipe Rodigues, salvadorien, venait me rejoindre à la Paroisse St-Joseph de Pestel que Mgr Romélus nous avait confiée. J’y avais été nommé curé le 20 décembre 1987. Avec la collaboration de plusieurs autres frères latinos-américains qui se sont joints à la mission, ensemble, nous avons procédé à une véritable implantation de la vie franciscaine en Haïti. C’est ainsi qu’en vue de répondre au besoin de formation auprès des jeunes qui cheminent avec la communauté, et dans le but de travailler plus étroitement ensemble, nous avons quitté Pestel à la fin juin 2006.
-Où en est rendue la mission en Haïti aujourd’hui ?
R.M. : Nous avons actuellement 3 gardianats (résidence avec Supérieurs); 8 profès solennels; 5 profès simples; 1 novice; 3 postulants (1er et 2e année et propédeutique). Signalons qu’un projet de « Fondation » verra bientôt le jour.
Depuis août 2001, les frères se sont installés progressivement à Port-au-Prince.
-D’abord à Delmas dans une résidence louée temporairement, avec travail d’animation auprès des jeunes et l’OFS, à la ruelle chrétienne.
-Saint-Michel (Sans-Fil), service pastoral à la paroisse et administration des écoles (novembre 2001 à juin 2006)
-Chapelle Saint-Alexandre (paroisse Ste-Anne), où se font les deux années de postulat (fondation du C.E.P. en octobre 2003), au même endroit
-Livalois, maison de formation saint François d’Assise (mai 2006)
-Croix des Missions, Paroisse Exaltation de la Sainte-Croix (juillet 2006)
Face à la situation d’Haïti, le défi est énorme, j’en conviens. Mais je crois qu’Haïti représente un milieu idéal pour les franciscains : c’est un défi mesuré à notre charisme ! Depuis le début, si je n’avais pas au fond du cœur la certitude d’un appel du Seigneur, qui continue de me poursuivre, même après 20 ans, bien des fois j’aurais reculé. Malgré les difficultés, le contexte social et politique instable, la pauvreté, la misère, cet appel m’a toujours dynamisé car il y a là comme un regard de Dieu sur moi qui me transforme, me pacifie, me soutient. Alors monte de mon cœur une hymne d’action de grâce, un chant d’espérance : « Il faut que revive en nous l’enthousiasme de saint François : Voilà ce que je veux, voilà ce que je désire de tout mon cœur ». Après 20 ans, le même élan m’habite toujours : tourné vers l’avenir! avec les frères que Dieu m’a donné et pour lesquels je rends grâce.
Dans ce pays le plus pauvre des Amériques, souhaitons au P. Raymond Mailhiot de continuer encore longtemps son engagement solidaire auprès des plus démunis et de poursuivre cette œuvre avec autant d’ardeur sous l’égide du Seigneur.
MADAGASCAR : UNE ÉCOLE À BÂTIR !
Richard Chartier, ofs
Lors de mon séjour à Madagascar l’an dernier, j’ai eu le plaisir de rencontrer le Père Pascal Raymond, ofm, curé du District d’Andraikiba à Antsirabe (Madagascar), un frère dynamique et pleinement engagé dans sa paroisse. Il nous présente un projet de construction d’une école pour les élèves de 7e année. La paroisse compte 2,500 personnes constituées essentiellement de petits paysans et les écoles déjà existantes accueillent plus de 600 élèves. Or, il n’y a plus de place pour les enfants après la classe primaire. Pour bâtir cette école, la paroisse compte sur de jeunes gens de la région qui ont été formés au centre de formation artisanale (menuisiers, maçons et forgerons) du District. Les travaux qui exigent une expertise seront effectués par un entrepreneur spécialisé et membre actif de la communauté paroissiale. Les parents des élèves seront également mis à contribution pour les travaux (diverses tâches de manœuvre principalement) à la mesure de leurs compétences . L’essentiel des matériaux devra être acheté, cependant les parents d’élèves pourront fournir les pierres, le sable et l’eau nécessaire.
Le projet de nos frères franciscains malgaches pour la construction d’une école répond à un besoin urgent. En effet, l’école permettra aux jeunes de poursuivre leur éducation dans un pays où le taux d’analphabétisme est élevé. Cette école portera le nom d’École Primaire Catholique Saint-Jean-Baptiste - Masoloharano (secteur du District d’Andraikiba).
Nous reviendrons sur la réalisation de ce projet lors des prochaines revues. Le P. Pascal Raymond remercie à l’avance la générosité des donateurs.
KENYA : CONSTRUIRE UN POULAILLER POUR MIEUX SE NOURRIR.
Richard Chartier, ofs
Grâce à des articles publiés dans les revues précédentes, vous connaissez déjà le Père Jacques St-Yves, ofm, missionnaire à Langata au Kenya qui s’occupe d’une fraternité de formation (14 jeunes frères aux études et trois formateurs). Cette fraternité franciscaine ne reçoit aucun salaire de l’extérieur et dépend donc de la générosité des bienfaiteurs. Pour aider la fraternité à se nourrir, le P. St-Yves désire construire un poulailler avec 30 poules pondeuses et 50 poulets pour la viande. Il faut se procurer les matériaux pour construire le poulailler, acheter les animaux et la nourriture nécessaire à l’élevage des volailles. Le P. St-Yves dit un grand merci à tous ceux et à toutes celles qui pourraient aider la fraternité dans la réalisation de ce projet.
Il témoigne également de la reconnaissance aux bienfaiteurs qui ont répondu généreusement à son appel de solidarité (article de la revue de mars 2008) pour aider les pauvres qui se présentaient à sa porte lors de la crise qui secouait (et secoue encore) le Kenya. Le P. St-Yves a pu ainsi donner de la nourriture et un peu d’aide matériel aux plus démunis. Il poursuit toujours son travail solidaire auprès des gens dans le besoin.
UNE CRISE ALIMENTAIRE D'ORIGINE HUMAINE
Voici un texte d’analyse très intéressant de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) au sujet de la crise alimentaire qui sévit dans les pays du Sud actuellement. L’Entraide Missionnaire (Les Franciscains sont sociétaires de l’Entraide Missionnaire) est membre de l’AQOCI (vous trouverez à la fin du texte plus d’informations sur cette organisation).
Faut-il des émeutes et des morts violentes pour faire réagir le monde politique?
Pourtant, des morts il y en avait, par milliers chaque jour.
Mais en silence: dans la case africaine, dans la maison sur pilotis en Asie, dans des favelas
en Amérique du Sud. L'Association québécoise des organismes de coopération
internationale (AQOCI) souligne depuis longtemps le besoin d'agir vigoureusement pour
combattre la pauvreté dans le monde et pour promouvoir la souveraineté alimentaire.
« C'est vrai que cette crise alimentaire a des causes ponctuelles », explique Maria-Luisa
Monreal, directrice générale de l'AQOCI, « telle la hausse du prix du pétrole,
l'augmentation rapide de la production d'agro-carburants et la baisse des récoltes des
céréales des deux dernières années. Mais elle est surtout la conséquence d'une
situation critique créée par les politiques des pays développés, dont le Canada;
situation que l'AQOCI dénonce depuis des années. Il y a une contradiction flagrante
de la part des pays membres de l'ONU qui, d'une part signent des déclarations
internationales sur la sécurité alimentaire mondiale reconnaissant le droit de chaque
être humain à une nourriture saine et nutritive et le droit fondamental de chacun d'être
à l'abri de la faim et de l'autre, imposent des règles commerciales qui violent ces
mêmes droits. La crise alimentaire était donc tout à fait prévisible », renchérit Mme
Monreal. « Qu'est-ce qu'on peut attendre des populations qui devraient déjà consacrer
70% ou 80% de leur revenus pour nourrir leurs familles et qui se trouvent de nouveau
confrontées à des augmentations de 100% ou plus dans les prix de leur nourriture de
base? Peut-on s'étonner qu'il y ait des manifestations, des migrations massives, des
gestes de désespoir ? », termine Mme Monreal.
La crise actuelle, qui provoque des émeutes en Haïti, au Cameroun, en Égypte, en
Indonésie, entre autres, est une conséquence directe des politiques comme les
programmes d'ajustement structurel, imposées aux pays du Sud par les pays du Nord et
les institutions financières internationales (l'OMC, le FMI, la Banque Mondiale), dans le
cadre de la mondialisation. Ainsi, ces pays ont délaissé les cultures vivrières essentielles
à la souveraineté alimentaire au profit des monocultures d'exportation comme le café,
le cacao, le caoutchouc etc., dont le Nord a besoin. Car, a-t-on dit, avec les recettes
de leurs exportations de café etc., les gens vont pouvoir acheter toute la nourriture et
les autres biens nécessaires. On voit bien les conséquences de telles politiques sur les
peuples, en plus de la destruction de la biodiversité et les impacts écologiques
désastreux du transport à grande échelle de ces marchandises. La montée récente du
prix de pétrole vient s'ajouter à ce bilan négatif. Ce sont surtout les multinationales qui
tirent profit de ce système.
Pendant ce temps, les pays riches ont continué de subventionner les grands
producteurs agricoles. Avec en plus des moyens moins efficaces, les producteurs des
pays du Sud ont été incapables de concurrencer les produits du Nord. L'exode vers la
ville de nombreux paysans ruinés et la fragilisation de l'agriculture ont éliminé la
possibilité que celle-ci puisse réagir à la flambée actuelle des prix des aliments. À cela,
il faut ajouter l'effet des barrières douanières contre les exportations agricoles du Sud
érigées par les pays développés.
La spéculation financière, tournée vers les produits alimentaires de plus en plus en
demande, attise la flambée des prix. Le secteur financier a trouvé des milliards de
dollars pour sauver des actionnaires frappés par la crise du crédit. Peut-on espérer que
les gouvernements trouveront au moins les premiers 500 millions demandés d'urgence
par le Programme Alimentaire Mondial ? Et les sommes nécessaires par la suite afin
d'éviter la famine de millions de gens dans les pays du Sud (sans oublier que beaucoup
de personnes défavorisées, ici et dans d'autres pays riches, vont aussi souffrir des
conséquences de ces hausses de prix vertigineuses)?
«Cependant», rappelle Mme Monreal, « il ne faut pas se limiter à l'aide d'urgence; il faut
s'attaquer aux problèmes de fond». L'AQOCI demande ainsi au gouvernement
canadien et aux gouvernements des autres pays développés de favoriser la mise en
place de politiques qui donnent priorité à la production agricole pour le marché local
plutôt que pour l'exportation, qui soutiennent l'agriculture biologique et enfin, qui
protègent les marchés nationaux contre le dumping de produits agroalimentaires
pratiqué par les grandes puissances agricoles. Il faut aussi que le Canada fasse sa part
dans la lutte contre la pauvreté en augmentant son aide publique au développement
à 0,7 %, tel qu’il s’est engagé au sein de Nations Unies. Aujourd’hui à 0,3%, le Canada
affiche l’un des plus bas rendements d’aide internationale parmi les membres de
l’OCDE.
Les Journées québécoises de la solidarité internationale, qui auront lieu du 12 au 23
novembre 2008, se pencheront sur la question de la souveraineté alimentaire comme
une autre orientation mondiale de l'agriculture et de l'alimentation, centrée notamment
sur le droit des peuples à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles.
L’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
regroupe 62 organisations qui oeuvrent, à l’étranger et au Québec, pour un
développement durable et humain. L’AQOCI a pour mission de soutenir le travail de ses
membres ainsi que leurs initiatives en faveur de la solidarité internationale. En
s’appuyant sur la force de son réseau, l’AQOCI oeuvre à l’éradication de la pauvreté et
à la construction d’un monde basé sur des principes de justice, d’inclusion, d’égalité et
de respect des droits humains.
Site Internet : www.aqoci.qc.ca
LE VICARIAT SAINT-JOSEPH DE L’AMAZONE (SJA) – SOUS L’INFLUENCE D’APARECIDA
Par Louis Castonguay
Le passé
Dans l’histoire de l’évangélisation amazonienne du Pérou, il est important de souligner la rencontre transamazonienne des missions qui s’est tenue à Iquitos en 1971 sous les auspices du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM). Il s’agissait du point de départ d’une Église jeune qui, dans la mouvance et l’esprit de Medellín, cherchait une nouvelle fidélité à sa mission et se définissait comme Église authentique de la Jungle ou Église amazonienne. Cette assemblée d’évêques, de missionnaires, de sociologues et d’anthropologues, plus ou moins engagés dans la problématique complexe de l’homme et du monde amazonien, donna lieu pour le Vicariat Saint‑Joseph et son nouvel évêque, Mgr Laurent Guibord, o.f.m., à l’amorce d’un changement significatif en pastorale, tant du point de vue de la vision missiologique que des critères et de la politique d’actions concrètes : l’effort devait se centrer davantage sur la situation inhumaine de la grande marginalité dans laquelle se trouvait le plus grand territoire du Pérou, soit une superficie de 60 % du pays. Les grandes assemblées de l’Épiscopat latino-américain (Puebla en 1978 et Santo Domingo en 1992) devaient révéler les visages d’un sous-continent longtemps victime d’abus de toutes sortes, commis par tous les camps.
En 2007, cette fois-ci dans la ville d’Aparecida au Brésil, la Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes s’est réunie de nouveau du 13 au 31 mai, avec une faible représentation du Canada et des É.-U. La grande clé pour comprendre le document final de cette rencontre, c’est son thème général : Disciples et missionnaires de Jésus-Christ pour que nos peuples, en Lui, possèdent la vie. Un document qui souffre d’un grand manque de détails, mais qui est riche d’une grande valeur dans ses orientations principales et dans son style en général. Le thème de la vie qu’offre le Christ a marqué à fond tout le texte : le mot y apparaît plus de 621 fois, ce qui est un nombre impressionnant… La méthode utilisée fut toute simple : voir et étudier la réalité, la comprendre à la lumière de « bonnes nouvelles », notamment la dignité humaine, la famille, l’activité humaine, l’usage collectif des biens , le sens communautaire du disciple ainsi que l’itinéraire de la rencontre avec le Christ, l’esprit missionnaire et la formation; finalement, il s’agit de transformer cette réalité – la mission de communiquer la vie exige une conversion pastorale et la transformation de toutes les structures de l’Eglise pour les rendre « missionnaires ».
Un Vicariat qui se cherche une nouvelle personnalité
En mars 2008, l’assemblée générale du Vicariat SJA s’est sentie fortement interpellée. Quelques 150 participants – trop nombreux et pas assez bien préparés – inspirés par le document du Brésil, se sont attardés à découvrir les grandes forces que présente notre Église vicariale, ses faiblesses également, et sans oublier les dangers qui la menacent.
a) Les points forts :
Le Vicariat ne se compose d’aucun clergé autochtone, mais compte des congrégations religieuses étrangères, surtout mexicaines, deux prêtres diocésains canadiens – Louis Castonguay et Yvan Boucher – un jeune prêtre diocésain mexicain, le Père Jacques Lalonde, franciscain québécois (San Pablo) ainsi qu’un jeune prêtre franciscain originaire de la Jungle. Il y a actuellement beaucoup de jeunes laïcs issus de divers mouvements missionnaires. En général, chacun des cent « missionnaires » (ainsi appelés) travaille sans préparation spéciale (ils se sont formés eux-mêmes). Les priorités de travail sont multiples : les jeunes, la famille, les enfants, les groupes vulnérables, la pastorale sociale. Cependant, très peu de personnes suivent les traces du Père Jean Marcier, o.f.m, décédé il y a trois ans, auprès des groupes indigènes. Et nous comptons aussi sur la présence de professionnels de la santé et de l’éducation religieuse dans les écoles.
b) Les points faibles : Environ 4 p. 100 de la population peut espérer actuellement recevoir l’Eucharistie. Heureusement, les animateurs des caseríos-communautés célèbrent la Parole de Dieu bien à leur façon. Ils sont pratiquement « les prêtres de la Jungle », dit-on. Il y a trop de missionnaires à temps plein sans une formation générale suffisante pour satisfaire les exigences d’un monde changeant. Les relations missionnaires interpersonnelles n’ont souvent pas la fluidité désirée en raison d’un manque de confiance ou de la diversité des cultures selon les lieux. On remarque l’existence d’une sorte de tourisme missionnaire – c'est-à-dire très peu de mois ou d’années de présence réelle sur le terrain –, ce qui affaiblit ou annule le suivi du travail entrepris.
Tout le Vicariat souffre de la faiblesse générale de l’économie. Le financement de notre Église locale dépend lourdement de projets étrangers. L’autosubsistance est impensable.
c) Nos possibilités : Les relations avec les institutions civiles et religieuses, la présence de certaines ONG qui prêtent leurs services et d’autres organismes qui se préoccupent de la catastrophe écologique amazonienne actuelle. Comme nous formons un Vicariat encore jeune, certains y voient beaucoup de potentialités.
d) Les dangers possibles : Il faut mentionner d’abord l’alcoolisme chez beaucoup de jeunes ; les coupes de bois dévastatrices, sans fondement rationnel et qui rasent tout – comme au Brésil ; la présence de sectes fondamentalistes dangereuses, qui font « flotter les gens dans les nuages », embobinant de façon ridicule tout esprit non averti. Nous notons aussi le manque de personnel et d’engagement chrétiens laïcs réels. Tous déplorent la situation généralisée dans la population d’un manque profond d’estime de soi : situation souvent pénible.
Note sur le contexte socio-politique régional actuel : Le gouvernement national en exercice ne protège en rien les populations indigènes contre le trafic de drogues, l’extraction du pétrole pollue gravement toute vie végétale, animale et humaine et assombrit l’avenir de l’Amazonie. Notre région n’est même pas protégée contre le terrorisme des FARC de la Colombie… Pendant ce temps, le gouvernement local s’embourbe dans des programmes de gestion non efficaces, comme celui d’une éducation scolaire qui fait abstraction de la réalité locale d’une population encore indigène en grande partie.
Faire de l’argent, telle est la valeur suprême en vogue… Les nouvelles relations qui s’installent en Amazonie péruvienne sont marquées au coin des valeurs d’une productivité destructrice et d’une efficacité morbide.
Mais, l’espérance ne meurt pas
Les missionnaires sur place décident de ne pas craindre l’avenir. Il est essentiel de mieux s’informer sur tout ce qui est nature, forêt tropicale, et sur sa conservation. Il faut participer davantage aux réunions publiques avec les autorités locales. Il faut revoir toutes nos structures ecclésiales, penser toujours en fonction d’une Église « acculturée », adaptée au milieu (Église autochtone), s’occuper beaucoup des droits humains, donner une éducation inclusive, une formation à l’écologie, sortir des routines, rompre les nœuds. Il faut croire que notre Église peut commencer à donner. Croire en l’action de Dieu en nous et à travers nous. Croire dans son projet. Mon utopie est celle du Christ : le royaume, c.-à-d. un monde où Dieu et les petits se sentent à l’aise… D’ailleurs, les rêves se réaliseront avec ou sans nous, ou malgré nous, parce ce n’est pas notre œuvre, c’est la Sienne.
Une note finale sur l’Assemblée de mars 2008 à Indiana (sur l’Amazone) : Voici les défis que nous avons privilégiés : la formation, la famille, la pastorale indigène, la jeunesse et l’environnement. Et, finalement, notre discernement collectif et solidaire nous a menés à donner une seule réponse pastorale cette année, à savoir insister fortement sur LA FORMATION INTÉGRALE dans le Vicariat, sur tous les plans.
Inscription à :
Articles (Atom)