mercredi 21 novembre 2018
TÉMOIGNAGE DU FRÈRE GILLES BOURDEAU, OFM
À l'occasion du Congrès international des Commissaires de Terre Sainte qui se déroulera du 26 novembre au 2 décembre 2018 au Couvent Saint Sauveur à Jérusalem, divers commissaires ont décidé de raconter leur expérience en tant que "ponts entre la Custodie de Terre Sainte et les chrétiens locaux" du territoire où ils exercent cette charge.
Le frère Gilles Bourdeau, OFM, signe un texte très intéressant sur son expérience de commissaire du Commissariat de Terre Sainte au Canada que vous pouvez lire sur le site de la Custodie de Terre Sainte en cliquant ICI.
Bonne lecture !
jeudi 15 novembre 2018
HOMMAGE AU FRÈRE JACQUES LEFEBVRE, OFM
| Le frère Jacques Lefebvre, OFM |
Le 14 novembre dernier, le Bureau des Missions des Franciscains de la Province Saint-Esprit du Canada et le Secrétaire pour les missions et l'évangélisation, le frère Gilles Bourdeau, OFM, ont rendu hommage au frère Jacques Lefebvre, OFM, pour ses 19 ans de service au Bureau des Missions.
Le frère Georges Morin était aussi présent pour souligner le travail du frère Jacques au Bureau des Missions.
Le frère Jacques Lefebvre a été rédacteur en chef de la Revue des Missions jusqu'en 2011. De 2011 à 2015, il est membre du Comité de sélection des projets puis de 2015 à 2018 membre du Comité de rédaction de la revue. Il a poursuivi avec ardeur et dévouement les prédications missionnaires de 1999 à 2018. Le frère Jacques a toujours été d'une grande générosité et son travail assidu en faveur des missions et des missionnaires fut énormément apprécié.
Nous lui sommes reconnaissants pour toutes ces années de service au Bureau des Missions.
Toute notre gratitude cher frère Jacques !
| De gauche à droite: Richard Chartier, OFS, directeur du Bureau des Missions, Jacques Lefebvre, OFM et Gilles Bourdeau, OFM, Secrétaire pour les missions et l'évangélisation. |
mardi 6 novembre 2018
REVUE DES MISSIONS DES FRANCISCAINS NOVEMBRE 2018
Ce numéro amorce la réflexion sur la mission que nous avions annoncée dans la publication de la Revue des Missions du mois d'août. Cette démarche s'étendra sur les autres numéros de la revue qui seront publiées l'année prochaine en vue de nous préparer pour le mois spécial sur la mission d'octobre 2019.
Thème: Jésus des commencements.
Sommaire:
-Éditorial, Richard Chartier, OFS
-Vers le mois spécial sur la mission, octobre 2019
-Mission d'ici avec Marc Alarie, OFM, entrevue de Richard Chartier, OFS
-Parole de Dieu, L'urgence de la rencontre, Francine Vincent
-Défis de la première conversion, Mathieu Bélanger-Leduc, OFM
-Annoncer et prêcher l'Évangile, Gilles Bourdeau, OFM
-L'Office de catéchèse du Québec (OCQ) et l'initiation chrétienne avec Suzanne Desrochers, entrevue de Richard Chartier, OFS.
-Le pape François et la première annonce
-Section PROJETS MISSIONNAIRES
-Suivi des projets 28 et 29
-Projet missionnaire à Madagascar
-Veiller sur la création: la conversion écologique
-Nouvelle Province franciscaine au Canada
-Brève histoire des missions de la Province St-Joseph du Canada, Gilles Bourdeau, OFM
Quelques autres informations: l'Union missionnaire franciscaine (U.M.F.), intentions missionnaires et pèlerinage en Terre Sainte en 2019.
POUR LIRE LA REVUE CLIQUEZ ICI ET C'EST GRATUIT !
BONNE LECTURE !
Thème: Jésus des commencements.
Sommaire:
-Éditorial, Richard Chartier, OFS
-Vers le mois spécial sur la mission, octobre 2019
-Mission d'ici avec Marc Alarie, OFM, entrevue de Richard Chartier, OFS
-Parole de Dieu, L'urgence de la rencontre, Francine Vincent
-Défis de la première conversion, Mathieu Bélanger-Leduc, OFM
-Annoncer et prêcher l'Évangile, Gilles Bourdeau, OFM
-L'Office de catéchèse du Québec (OCQ) et l'initiation chrétienne avec Suzanne Desrochers, entrevue de Richard Chartier, OFS.
-Le pape François et la première annonce
-Section PROJETS MISSIONNAIRES
-Suivi des projets 28 et 29
-Projet missionnaire à Madagascar
-Veiller sur la création: la conversion écologique
-Nouvelle Province franciscaine au Canada
-Brève histoire des missions de la Province St-Joseph du Canada, Gilles Bourdeau, OFM
Quelques autres informations: l'Union missionnaire franciscaine (U.M.F.), intentions missionnaires et pèlerinage en Terre Sainte en 2019.
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BONNE LECTURE !
lundi 5 novembre 2018
DÉCÈS D'UN MISSIONNAIRE: LE FRÈRE ALAIN BOUCHARD, OFM
![]() |
| Le frère Alain Bouchard, OFM, à Madagascar. Photo: Néhémie Prybinski, OFM. |
C’est avec
grande tristesse que nous vous annonçons le décès du frère Alain Bouchard, OFM,
missionnaire à Madagascar depuis 34 ans. Il s’est éteint à l’âge de 84 ans à
Antsirabe, Madagascar, à la fraternité franciscaine Sainte-Marie-des-Anges au
matin du 4 novembre 2018.
Le frère Alain
est né à Baie Saint-Paul en 1934. Il entre chez les Franciscains en 1964. Il a
la responsabilité de l’entretien général des couvents de Sorel, Sherbrooke et
Montréal de 1957 à 1967. Le frère Alain est sous-maître des postulants à Québec
de 1965 à 1967. Sur recommandation du Ministre provincial et à l’invitation du
Ministre de la Province St-Joseph de Belgique, il accepte d’aller aider à la
fondation d’un noviciat franciscain au Congo. Il part pour la France et la
Belgique vers la fin de novembre 1967.
Arrivé au Congo
le 5 janvier 1968, le frère Alain est nommé co-formateur au postulat et au
noviciat de la mission franciscaine de Mbujimayi. Il s’occupe également de
travaux pour la maison et donne des cours de mécanique.
En 1974, il
décide de se diriger vers la mission du Pérou. Il arrive à Lima en 1974 pour y
apprendre l’espagnol. De 1975 à 1984, installé à Indiana, le frère Alain est
Chef de poste et responsable de l’atelier de mécanique du Vicariat St-Joseph de
l’Amazone.
En 1982, le
frère Alain demande à se joindre au Projet
Afrique, un projet missionnaire du Ministre général de l’Ordre des Frères
Mineurs (Les Franciscains). Il reçoit l’autorisation des autorités et arrive à
Antananarivo au couvent St-Joseph à Madagascar le 9 décembre 1984. Il est
gardien (1986-1993) et économe du couvent St-Joseph puis de
Sainte-Marie-des-Anges à Antsirabe de 1993 à 1997. De 1997 à 2016, il retourne au couvent
St-Joseph à Antananarivo pour prendre la charge de Gardien et économe local
(1997-2006; 2009-2016), économe de la fondation de Madagascar (1997-2016),
maître des profès temporaires (2000-2009).
De 2016 à son
décès il est assistant-maître des novices et économe local de la fraternité
franciscaine à Antsirabe. Après avoir séjournée un peu plus d’un an à Montréal
(couvent des Franciscains, boul. Rosemont à Montréal) pour des raisons de
santé, il repart à Madagascar le 17 septembre 2018.
Soulignons que le frère Alain Bouchard a cofondé l'Association Rayons de Soleil (en langue malgache: Tanamasoandro) en 2005 à Antananarivo, la capitale de Madagascar. C'est une association regroupant les veuves pauvres du quartier Antaninandro et ses alentours. Le but est de les aider spirituellement et matériellement. Par exemple, on organise des moments de prière ensemble. Également, on distribue des produits de première nécessités (riz, sucre, savon, etc.). L'Association soutient les frais de scolarité des enfants de ces veuves. L'Association existe toujours. Elle est dirigée par quelques mères de familles dévouées cofondatrices avec le frère Alain (Merci au Custode, le frère Jean Charles, pour les informations au sujet de cette Association).
Soulignons que le frère Alain Bouchard a cofondé l'Association Rayons de Soleil (en langue malgache: Tanamasoandro) en 2005 à Antananarivo, la capitale de Madagascar. C'est une association regroupant les veuves pauvres du quartier Antaninandro et ses alentours. Le but est de les aider spirituellement et matériellement. Par exemple, on organise des moments de prière ensemble. Également, on distribue des produits de première nécessités (riz, sucre, savon, etc.). L'Association soutient les frais de scolarité des enfants de ces veuves. L'Association existe toujours. Elle est dirigée par quelques mères de familles dévouées cofondatrices avec le frère Alain (Merci au Custode, le frère Jean Charles, pour les informations au sujet de cette Association).
Le frère Alain
Bouchard se souciait des pauvres, en particulier les malades et les familles.
Il était un confident et un ami pour de nombreux frères. Le frère Alain était
attentionné aux autres et possédait un bon sens de l’humour. On pouvait
facilement entrer en contact avec lui et il était apprécié de tous. Rejoint par
le message et l’amour de Jésus-Christ, sa foi était aussi animée par l’esprit
de François d’Assise et les valeurs franciscaines.
Prions pour le
repos de son âme.
mercredi 26 septembre 2018
lundi 23 juillet 2018
REVUE DES MISSIONS DES FRANCISCAINS, AOÛT 2018
C'est toujours avec un grand plaisir que nous vous présentons les publications de la Revue des Missions des Franciscains et en particulier ce numéro qui traite de la paix et la non-violence. "Ensemble pour la paix", le thème de la Revue des Missions des Franciscains du mois d'août 2018, vous propose des articles très intéressants. Prenez connaissance de:
-La chronique Mission d'ici, une entrevue avec le responsable du Centre de ressources sur la non-violence (CRNV), Normand Beaudet;
-L'article du frère Gilles Bourdeau, Le rôle d'un tiers dans la résolution d'un conflit;
-Les témoignages poignants de missionnaires dans des pays en conflit;
-Les projets missionnaires au Soudan du Sud et en République Démocratique du Congo (RDC);
-La démarche pour la JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LA SAUVEGARDE DE LA CRÉATION (voir le billet posté sur ce blogue);
-L'article du frère André Racine, OFM au sujet d'une rencontre JPIC des plus émouvantes;
-Le texte de Gilles Bourdeau, OFM concernant le 130e anniversaire du Commissariat de Terre Sainte au Canada;
-L'hommage à deux missionnaires décédés: les frères Pacifique Dubé, OFM, et Cassien (Georges) Marcil, OFM;
-L'annonce des prochains numéros de la Revue et l'appel à nos lecteurs et lectrices;
-La chronique Parole de Dieu signée par Francine Vincent, toujours aussi passionnante;
-Et d'autres articles captivants !

LIRE LA REVUE ICI
C'EST GRATUIT !
-La chronique Mission d'ici, une entrevue avec le responsable du Centre de ressources sur la non-violence (CRNV), Normand Beaudet;
-L'article du frère Gilles Bourdeau, Le rôle d'un tiers dans la résolution d'un conflit;
-Les témoignages poignants de missionnaires dans des pays en conflit;
-Les projets missionnaires au Soudan du Sud et en République Démocratique du Congo (RDC);
-La démarche pour la JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LA SAUVEGARDE DE LA CRÉATION (voir le billet posté sur ce blogue);
-L'article du frère André Racine, OFM au sujet d'une rencontre JPIC des plus émouvantes;
-Le texte de Gilles Bourdeau, OFM concernant le 130e anniversaire du Commissariat de Terre Sainte au Canada;
-L'hommage à deux missionnaires décédés: les frères Pacifique Dubé, OFM, et Cassien (Georges) Marcil, OFM;
-L'annonce des prochains numéros de la Revue et l'appel à nos lecteurs et lectrices;
-La chronique Parole de Dieu signée par Francine Vincent, toujours aussi passionnante;
-Et d'autres articles captivants !
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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: TEXTE INTÉGRAL DU FRÈRE KORDIAN, OFM
Voici le texte intégral du frère Kordian Merta, OFM que nous n'avons pu publier dans le dernier numéro de la Revue des Missions des Franciscains, août 2018.
RÉPUBLIQUE CENTRAFRCAINE
Après un énième malheur dont elle n’a pas été
en mesure d’empêcher la venue, l’Organisation des Nations unies a annoncé que
la République centrafricaine (RCA) se situait à la 182ème place sur
la liste concernant la richesse des pays, c’est-à-dire à la dernière place.
Pour rappel sur l’origine de la guerre, en
2013, des rebelles musulmans du Tchad et du Soudan ont profité de la faiblesse
du gouvernement et des divisions en RCA pour faire un coup d’état. Très
rapidement ils ont occupé le pays, ils ont armé la population musulmane locale,
qui représentait 15% de la population totale.
Assez rapidement, les forces internationales
ont fait fuir les mercenaires. Mais les armes distribuées sont restées. Et, ce
qui est le plus douloureux : une division jusque-là inexistante entre
chrétiens et musulmans a vu le jour. Leur séparation s’est creusée jour après
jour, nourrie par les attaques et les désirs de vengeance. La tâche de l’ONU
était la stabilisation du pays et le désarmement des deux côtés.
Ces événements sont évidemment avant tout une
tragédie pour le pays et ses habitants, qui sont désormais privés de sécurité,
de justice, d’éducation et de tout ce qui s’y rattache. Avec tout ce que cela implique
de sentiments d’injustice, de désir de vengeance et de divisions au sein de la
population.
1 milliard d’euros par an, et pas de paix en vue
Mais c’est aussi une tragédie pour l’ONU, le
signe de la tragédie générale que vit l’ONU. Depuis 4 ans, les Casques Bleus
disposent d’un budget annuel de près d’un milliard de dollars dans un pays qui
ne compte que 4 millions d’habitants. Le monde a donc déjà dépensé plus 1000 $
par habitant, sans compter l’aide humanitaire apportée par les ONG. Et malgré
tout ceci, on ne voit pas l’ombre d’une amélioration.
Cette tragédie a deux faces. L’endroit tout
d’abord : alors que l’Oubangui-Chari était une colonie française, le
pouvoir français envoyait ses employés sur le territoire de l’actuelle RCA pour
les « punir ». Les colonies se développaient sur les côtes ; et
si toutes les conditions étaient réunies, un éventuel progrès économique pouvait
pénétrer plus profondément dans le continent. Or la République centrafricaine,
comme son nom l’indique, est le centre même du continent (sur le territoire de
notre paroisse se trouve ce malheureux point central du continent africain).
Ce manque de développement économique a été,
dès le début, un spectre qui hante toujours la RCA. Le pays n’a jamais eu
d’élites dignes de ce nom. Les dirigeants l’un après l’autre battaient les
records de médiocrité, certains allant même plus loin : l’empereur Bokassa
a trouvé sa place dans le registre du Guinness comme le plus grand mégalomane
du XXe siècle. Il s’est offert un sacre pour son couronnement à l’image du
celui de Napoléon. Il a réussi à ridiculiser non seulement la RCA, mais
l’Afrique tout entière. Un point positif : le président actuel est le
premier à avoir de bons diplômes. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il a
le charisme pour servir le pays.
L’obsession de la transgression
L’envers de la tragédie est celle des choix
que fait le monde que représente l’Organisation des Nations unies. Je ne suis
pas supporteur de la politique menée par Donald Trump, mais je comprends
pourquoi il ne veut plus donner l’argent des contribuables américains à l’ONU.
Les structures de l’ONU sont dépassées, non adaptées aux besoins réels. Cette
organisation nécessite une réforme.
Les chefs des unités des Casques Bleus sur le
terrain vivent dans l’obsession de la transgression. Ainsi, au mois de mars de
cette année, Rafaï – et notre mission qui s’y trouve - a été attaquée par les
rebelles musulmans. Ils sont venus de Zemio, éloigné de 150 km de chez nous. Les habitants
se défendaient principalement avec des armes de chasse de production artisanale,
peu parmi eux avaient des armes de guerre. Les attaquants disposaient de plus
d’armes de guerre, et même de lourdes armes automatiques, mais combattaient
tout de même surtout avec les fusils de chasse. Précisons que les rebelles
musulmans sont en grande partie des nomades, certes bons marcheurs, mais ne
possèdant ni force ni expérience pour manier les armes lourdes. Ils tiraient
beaucoup mais heureusement souvent sans réussir à toucher leurs cibles.
Bien qu’ils disposent, eux, de véhicules armés,
de munitions illimitées et qu’ils soient formés, les soldats de l’ONU ont fui
et se sont cachés dans leur base derrière les remparts de terre. La conséquence
a été terrible : alors que cent soldats de métier pourraient en finir en
une heure face à de tels guerriers, les combats ont duré 3 jours et 25
personnes sont mortes.
Pourquoi l’ONU est-elle restée inactive ?
Si les soldats de l’ONU avaient pris part aux combats, quelqu’un aurait très
probablement été touché par une arme de l’ONU. Conséquence : l’instauration
d’une commission spéciale. Et si, en plus, la victime avait eu entre les mains
une arme artisanale, ou, Dieu nous en garde, avait été une femme ou un enfant,
le chef de l’unité aurait dû dire adieu à sa carrière.
L’ONU a donc besoin, pour pouvoir agir, de
feux verts, dont toutes les conséquences sont assumées par ceux qui donnent les
autorisations, qui prennent les décisions. Ce sont les criminels de guerre qui
doivent avoir peur, et non les soldats qui apportent la paix.
Un désarmement… désarmant de naïveté
Dans l’histoire de l’ONU, jamais on n’a
désarmé en utilisant les forces : le processus doit être pacifique. Ainsi,
il y a un mois (mars 2018), à Bangassou (diocèse auquel appartient notre
paroisse), on a réussi à avoir un premier cessez-le-feu, après une année des
relations particulièrement brutales entre les musulmans et les chrétiens, et ce
en présence d’un nombre imposant des Casques Bleus. C’est là le fruit du travail
du cardinal Dieudonné Nzapalainga, originaire de Bangassou.
L’ONU a proposé le désarmement contre de
l’argent : pour un fusil fait maison, ils donnaient 75.000 CFA soit 115
euros en trois tranches. En deux semaines, ils ont récolté 2.000 carabines. Un
grand succès ? Oui, à en croire la description de l’opération rédigée dans
le rapport remis au siège de l’ONU à New York. Mais qu’en est-il
vraiment ? Au bout de deux semaines, le dépôt des armes s’est arrêté. Pourquoi ?
Parce que les armes n’étaient pas celles utilisées pendant la guerre, mais de
nouvelles produites localement : la production d’un fusil, c’est 5.000 CFA ;
l’ONU donne 75.000 CFA. Le calcul est facile à faire. Du point de vue
technique, quel exploit, pour les artisans locaux, d’avoir réussi à produire
2.000 fusils en si peu de temps ! Mais, passé deux semaines, les forgerons
n’étaient plus en mesure d’en continuer la production : ils manquaient de
tuyaux pour faire des canons. La nuit, ils allaient à la mission catholique
pour arracher les tuyaux des murs ou les déterrer. Tant qu’il y a eu des armes
et de l’argent, tous respectaient les règles pacifiques. La paix a pris fin
avec la fin de cette source particulière de ressources.
Peut-il y avoir des effets positifs d’une
guerre ? Non ! Un poète polonais l’a bien formulé :
« Il n’y a pas de vainqueurs dans une guerre, il n’y a que des
vaincus ». Même si la guerre est sainte ? Saint François s’est trouvé
parmi les croisés près de Damiette. Quand il s’est rendu compte de ce qui se
passait dans le cœur des croisés, il a fui.
L’enjeu primordial de l’éducation
Depuis deux ans, il n’y a plus d’autorités à
Rafaï, les jeunes du pays ont pris le pouvoir. À deux reprises ils ont repoussé
les attaques des rebelles musulmans qui ont voulu prendre le contrôle de la
région. D’un côté, ce sont des héros, des patriotes. Mais de l’autre, la guerre
a transformé quelques-uns en cannibales au sens propre : les cérémonies
rituelles, qui supposent donner la force d’un vaincu après l’avoir mangé, ont
repris parmi eux. Décorés d’amulettes censées les protéger des balles de
l’ennemi, ils se droguent presque tous. Quand ils ont des prisonniers, ils
jugent eux-mêmes, en fonction de leur opinion, et ils exécutent les peines,
peine de mort comprise.
L’Église est probablement restée le seul
endroit où on appelle les choses par leur nom et où on garde espoir. Etre
présent, dire la vérité et garder espoir est certes très important, mais cela
ne suffit pas. Face à une foule affamée, Jésus dit aux apôtres : « Donnez-leur
à manger ». Grâce à Dieu, malgré la guerre, la terre continue ici à
produire en abondance. Personne n’a faim. Il faut oublier le savon, le sel tout
ce qui vient de l’extérieur.
Les racines des problèmes de la RCA, c’est
qu’elle n’a jamais mûri, ou plutôt n’a jamais atteint la maturité : c’est
un pays avec un taux d’illettrés et de semi-illettrés qui est terriblement
élevé et où le niveau d’éducation est inqualifiable. Là encore, le Christ nous
dit : « Assurez leur éducation ». L’année dernière, le bac a eu
lieu en juin à la capitale. Nous n’avons pu l’organiser et le faire passer chez
nous, à Rafai, qu’en novembre, dans l’établissement de notre mission, qui est
le seul collège-lycée à 100 km à la ronde. La commission nationale a eu peur de
venir (en avion) chez nous, malgré les assurances de l’ONU. Le voyage en
voiture n’était même pas envisageable. Cette année encore, nous ferons malgré
tout, passer le bac à Rafaï.
Dans tous les villages de notre mission, les
écoles primaires sont ouvertes, même celles qui se situent dans la région la
plus menacée par des rebelles musulmans. Deux de ces établissements ont été
complètement brûlés. Il y a encore un an, nous avions des élèves musulmans dans
nos écoles. Leur absence est une grande perte : eux aussi ont besoin
d’éducation.
Le miracle est possible
Le Christ avec les apôtres a nourri cinq mille
affamés. Nous avons 2.500 élèves. Pour commencer l’année scolaire en octobre,
après les vacances, nous avons besoin d’une tonne (400 g par élève) de matériel
scolaire – cahiers, craie, bics. Déjà en janvier, nous avons trouvé l’argent,
avons tout acheté, mais tout reste à la capitale. Comment le transporter chez
nous ? Par la route, c’est impossible, les rebelles en contrôlent un
tronçon de 300 km. Il faudrait un nouveau petit miracle pour que l’ONU fasse
une exception et prenne à part les munitions, les poulets congelés du Brésil,
le lait en carton venu d’Allemagne… et également nos cahiers.
La pétition pour un miracle, nous l’avons
déposée il y a deux mois : elle demande donc ce transport du matériel
scolaire jusqu’à Rafaï. La pétition circulait du secrétariat des affaires
civiles jusqu’au bureau du général en chef, elle s’est enrichie de quelques
signatures et autant de tampons, tout le monde souhaite que le miracle se
produise. Mais on attend encore l’acceptation de ceux qui couvrent les frais du
convoi.
L’éducation seule ne va pas résoudre le
problème de la RCA, mais sans l’éducation, on ne peut résoudre aucun problème
sur le long terme. En RCA, tout le monde rêve de paix, mais celle-ci ne pourra
pas être durable sans éducation. L’enjeu est énorme. Et il exige réellement un
miracle. Le nombre d’enfants qui entrent sur les bancs de l’école augmente
chaque année. Le contraire de ce qui se passe en occident, où les sociétés vieillissent.
Ici, les enfants et les jeunes sont majoritaires. La croissance démographique
est galopante. La solution à ce problème ne peut venir que par une éducation
renforcée, assurée pour longtemps aux enfants.
Pour le moment, le gouvernement et les ONG ne
sont pas présents à Rafaï. Il n’y reste que la mission franciscaine. Peu
importe le danger, peu importe ce qui se passe, nous ne pouvons pas la quitter :
cela ne ferait qu’augmenter le malheur là où il y en a déjà au dessus de toute
mesure. Cela anéantirait les restes d’espoir, dans ce lieu où les nuages de
guerre et son non-sens plongent le monde dans le noir.
Mais seuls, nous ne pouvons rien. Pourtant, le
miracle est possible, car « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? ».
Kordian Merta, OFM
vendredi 22 juin 2018
FÊTE DE SAINT ANTOINE LE 13 JUIN 2018
Cette année, le thème des mardis de saint Antoine au Couvent de Rosemont (Montréal) était "Avec Antoine redécouvrons la prière de Jésus le "Notre Père". La neuvaine s'est terminée lors de la fête à saint Antoine le 13 juin dernier. Le frère Henri Éthier, OFM, a présidé la célébration avec les frères Benoît Njumbwe Bahati, OFM, un congolais arrivé le 29 avril dernier pour une période de deux ans, Vivalde Robert, OFM, et Roger Brisson, OFM, au chant.
Le Bureau des Missions des Franciscains avait invité les membres de l'Union missionnaire franciscaine (U.M.F.) à participer à cette célébration. Soulignons que l'U.M.F. est sous le patronage de saint Antoine de Padoue. Les membres de l'U.M.F. ont reçu, de la part du Bureau des Missions, une neuvaine à saint Antoine en lien avec le synode des évêques sur les jeunes qui se déroulera cet automne. Les membres ont été conviés à soumettre leurs intentions auprès de saint Antoine. Lors de la célébration, les intentions ont été déposées à l'autel par Richard Chartier, OFS, directeur du Bureau des Missions.
Comme le mentionnait le frère Henri, en conclusion de la célébration, nous sommes appelés à devenir des missionnaires dans notre milieu et à nous engager comme chrétiens-nes à répandre autour de nous la Bonne Nouvelle. La neuvaine devrait nous préparer à cette mission, car au-delà de nos intentions personnelles, saint Antoine, à la suite de Jésus, incitait les fidèles à devenir des témoins actifs dans le monde, à devenir des "disciples-missionnaires" comme nous le rappelle si souvent le pape François.
Pour devenir membre de l'U.M.F. et obtenir des informations, cliquez sur l'onglet L'Union missionnaire franciscaine.
Photos: Jeanne Lebel.
Le Bureau des Missions des Franciscains avait invité les membres de l'Union missionnaire franciscaine (U.M.F.) à participer à cette célébration. Soulignons que l'U.M.F. est sous le patronage de saint Antoine de Padoue. Les membres de l'U.M.F. ont reçu, de la part du Bureau des Missions, une neuvaine à saint Antoine en lien avec le synode des évêques sur les jeunes qui se déroulera cet automne. Les membres ont été conviés à soumettre leurs intentions auprès de saint Antoine. Lors de la célébration, les intentions ont été déposées à l'autel par Richard Chartier, OFS, directeur du Bureau des Missions.
Comme le mentionnait le frère Henri, en conclusion de la célébration, nous sommes appelés à devenir des missionnaires dans notre milieu et à nous engager comme chrétiens-nes à répandre autour de nous la Bonne Nouvelle. La neuvaine devrait nous préparer à cette mission, car au-delà de nos intentions personnelles, saint Antoine, à la suite de Jésus, incitait les fidèles à devenir des témoins actifs dans le monde, à devenir des "disciples-missionnaires" comme nous le rappelle si souvent le pape François.
Pour devenir membre de l'U.M.F. et obtenir des informations, cliquez sur l'onglet L'Union missionnaire franciscaine.
Photos: Jeanne Lebel.
| Le pain de saint Antoine devant l'autel. |
| Le frère Henri, célébrant, les frères Benoît (à droite), Vivalde (extrême gauche) et Roger (gauche). |
| Le frère Roger Brisson anime le chant. |
| Les intentions à saint Antoine des membres de l'U.M.F. déposées à l'autel. |
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