lundi 23 juillet 2018

REVUE DES MISSIONS DES FRANCISCAINS, AOÛT 2018

C'est toujours avec un grand plaisir que nous vous présentons les publications de la Revue des Missions des Franciscains et en particulier ce numéro qui traite de la paix et la non-violence. "Ensemble pour la paix", le thème de la Revue des Missions des Franciscains du mois d'août 2018, vous propose des articles très intéressants. Prenez connaissance de:

-La chronique Mission d'ici, une entrevue avec le responsable du Centre de ressources sur la non-violence (CRNV), Normand Beaudet;

-L'article du frère Gilles Bourdeau, Le rôle d'un tiers dans la résolution d'un conflit;

-Les témoignages poignants de missionnaires dans des pays en conflit;

-Les projets missionnaires au Soudan du Sud et en République Démocratique du Congo (RDC);

-La démarche pour la JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LA SAUVEGARDE DE LA CRÉATION (voir le billet posté sur ce blogue);

-L'article du frère André Racine, OFM au sujet d'une rencontre JPIC des plus émouvantes;

-Le texte de Gilles Bourdeau, OFM concernant le 130e anniversaire du Commissariat de Terre Sainte au Canada;

-L'hommage à deux missionnaires décédés: les frères Pacifique Dubé, OFM, et Cassien (Georges) Marcil, OFM;

-L'annonce des prochains numéros de la Revue et l'appel à nos lecteurs et lectrices;

-La chronique Parole de Dieu signée par Francine Vincent, toujours aussi passionnante;

-Et d'autres articles captivants !



LIRE LA REVUE ICI 

C'EST GRATUIT !

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: TEXTE INTÉGRAL DU FRÈRE KORDIAN, OFM

Voici le texte intégral du frère Kordian Merta, OFM que nous n'avons pu publier dans le dernier numéro de la Revue des Missions des Franciscains, août 2018.


RÉPUBLIQUE CENTRAFRCAINE
Après un énième malheur dont elle n’a pas été en mesure d’empêcher la venue, l’Organisation des Nations unies a annoncé que la République centrafricaine (RCA) se situait à la 182ème place sur la liste concernant la richesse des pays, c’est-à-dire à la dernière place.

Pour rappel sur l’origine de la guerre, en 2013, des rebelles musulmans du Tchad et du Soudan ont profité de la faiblesse du gouvernement et des divisions en RCA pour faire un coup d’état. Très rapidement ils ont occupé le pays, ils ont armé la population musulmane locale, qui représentait 15% de la population totale.

Assez rapidement, les forces internationales ont fait fuir les mercenaires. Mais les armes distribuées sont restées. Et, ce qui est le plus douloureux : une division jusque-là inexistante entre chrétiens et musulmans a vu le jour. Leur séparation s’est creusée jour après jour, nourrie par les attaques et les désirs de vengeance. La tâche de l’ONU était la stabilisation du pays et le désarmement des deux côtés.

Ces événements sont évidemment avant tout une tragédie pour le pays et ses habitants, qui sont désormais privés de sécurité, de justice, d’éducation et de tout ce qui s’y rattache. Avec tout ce que cela implique de sentiments d’injustice, de désir de vengeance et de divisions au sein de la population.

1 milliard d’euros par an, et pas de paix en vue


Mais c’est aussi une tragédie pour l’ONU, le signe de la tragédie générale que vit l’ONU. Depuis 4 ans, les Casques Bleus disposent d’un budget annuel de près d’un milliard de dollars dans un pays qui ne compte que 4 millions d’habitants. Le monde a donc déjà dépensé plus 1000 $ par habitant, sans compter l’aide humanitaire apportée par les ONG. Et malgré tout ceci, on ne voit pas l’ombre d’une amélioration.

Cette tragédie a deux faces. L’endroit tout d’abord : alors que l’Oubangui-Chari était une colonie française, le pouvoir français envoyait ses employés sur le territoire de l’actuelle RCA pour les « punir ». Les colonies se développaient sur les côtes ; et si toutes les conditions étaient réunies, un éventuel progrès économique pouvait pénétrer plus profondément dans le continent. Or la République centrafricaine, comme son nom l’indique, est le centre même du continent (sur le territoire de notre paroisse se trouve ce malheureux point central du continent africain).

Ce manque de développement économique a été, dès le début, un spectre qui hante toujours la RCA. Le pays n’a jamais eu d’élites dignes de ce nom. Les dirigeants l’un après l’autre battaient les records de médiocrité, certains allant même plus loin : l’empereur Bokassa a trouvé sa place dans le registre du Guinness comme le plus grand mégalomane du XXe siècle. Il s’est offert un sacre pour son couronnement à l’image du celui de Napoléon. Il a réussi à ridiculiser non seulement la RCA, mais l’Afrique tout entière. Un point positif : le président actuel est le premier à avoir de bons diplômes. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il a le charisme pour servir le pays.

L’obsession de la transgression


L’envers de la tragédie est celle des choix que fait le monde que représente l’Organisation des Nations unies. Je ne suis pas supporteur de la politique menée par Donald Trump, mais je comprends pourquoi il ne veut plus donner l’argent des contribuables américains à l’ONU. Les structures de l’ONU sont dépassées, non adaptées aux besoins réels. Cette organisation nécessite une réforme.

Les chefs des unités des Casques Bleus sur le terrain vivent dans l’obsession de la transgression. Ainsi, au mois de mars de cette année, Rafaï – et notre mission qui s’y trouve - a été attaquée par les rebelles musulmans. Ils sont venus de Zemio, éloigné de 150 km de chez nous. Les habitants se défendaient principalement avec des armes de chasse de production artisanale, peu parmi eux avaient des armes de guerre. Les attaquants disposaient de plus d’armes de guerre, et même de lourdes armes automatiques, mais combattaient tout de même surtout avec les fusils de chasse. Précisons que les rebelles musulmans sont en grande partie des nomades, certes bons marcheurs, mais ne possèdant ni force ni expérience pour manier les armes lourdes. Ils tiraient beaucoup mais heureusement souvent sans réussir à toucher leurs cibles.

Bien qu’ils disposent, eux, de véhicules armés, de munitions illimitées et qu’ils soient formés, les soldats de l’ONU ont fui et se sont cachés dans leur base derrière les remparts de terre. La conséquence a été terrible : alors que cent soldats de métier pourraient en finir en une heure face à de tels guerriers, les combats ont duré 3 jours et 25 personnes sont mortes.

Pourquoi l’ONU est-elle restée inactive ? Si les soldats de l’ONU avaient pris part aux combats, quelqu’un aurait très probablement été touché par une arme de l’ONU. Conséquence : l’instauration d’une commission spéciale. Et si, en plus, la victime avait eu entre les mains une arme artisanale, ou, Dieu nous en garde, avait été une femme ou un enfant, le chef de l’unité aurait dû dire adieu à sa carrière.

L’ONU a donc besoin, pour pouvoir agir, de feux verts, dont toutes les conséquences sont assumées par ceux qui donnent les autorisations, qui prennent les décisions. Ce sont les criminels de guerre qui doivent avoir peur, et non les soldats qui apportent la paix.

Un désarmement… désarmant de naïveté


Dans l’histoire de l’ONU, jamais on n’a désarmé en utilisant les forces : le processus doit être pacifique. Ainsi, il y a un mois (mars 2018), à Bangassou (diocèse auquel appartient notre paroisse), on a réussi à avoir un premier cessez-le-feu, après une année des relations particulièrement brutales entre les musulmans et les chrétiens, et ce en présence d’un nombre imposant des Casques Bleus. C’est là le fruit du travail du cardinal Dieudonné Nzapalainga, originaire de Bangassou.

L’ONU a proposé le désarmement contre de l’argent : pour un fusil fait maison, ils donnaient 75.000 CFA soit 115 euros en trois tranches. En deux semaines, ils ont récolté 2.000 carabines. Un grand succès ? Oui, à en croire la description de l’opération rédigée dans le rapport remis au siège de l’ONU à New York. Mais qu’en est-il vraiment ? Au bout de deux semaines, le dépôt des armes s’est arrêté. Pourquoi ? Parce que les armes n’étaient pas celles utilisées pendant la guerre, mais de nouvelles produites localement : la production d’un fusil, c’est 5.000 CFA ; l’ONU donne 75.000 CFA. Le calcul est facile à faire. Du point de vue technique, quel exploit, pour les artisans locaux, d’avoir réussi à produire 2.000 fusils en si peu de temps ! Mais, passé deux semaines, les forgerons n’étaient plus en mesure d’en continuer la production : ils manquaient de tuyaux pour faire des canons. La nuit, ils allaient à la mission catholique pour arracher les tuyaux des murs ou les déterrer. Tant qu’il y a eu des armes et de l’argent, tous respectaient les règles pacifiques. La paix a pris fin avec la fin de cette source particulière de ressources.

Peut-il y avoir des effets positifs d’une guerre ?  Non !  Un poète polonais l’a bien formulé : « Il n’y a pas de vainqueurs dans une guerre, il n’y a que des vaincus ». Même si la guerre est sainte ? Saint François s’est trouvé parmi les croisés près de Damiette. Quand il s’est rendu compte de ce qui se passait dans le cœur des croisés, il a fui.

L’enjeu primordial de l’éducation


Depuis deux ans, il n’y a plus d’autorités à Rafaï, les jeunes du pays ont pris le pouvoir. À deux reprises ils ont repoussé les attaques des rebelles musulmans qui ont voulu prendre le contrôle de la région. D’un côté, ce sont des héros, des patriotes. Mais de l’autre, la guerre a transformé quelques-uns en cannibales au sens propre : les cérémonies rituelles, qui supposent donner la force d’un vaincu après l’avoir mangé, ont repris parmi eux. Décorés d’amulettes censées les protéger des balles de l’ennemi, ils se droguent presque tous. Quand ils ont des prisonniers, ils jugent eux-mêmes, en fonction de leur opinion, et ils exécutent les peines, peine de mort comprise.

L’Église est probablement restée le seul endroit où on appelle les choses par leur nom et où on garde espoir. Etre présent, dire la vérité et garder espoir est certes très important, mais cela ne suffit pas. Face à une foule affamée, Jésus dit aux apôtres : « Donnez-leur à manger ». Grâce à Dieu, malgré la guerre, la terre continue ici à produire en abondance. Personne n’a faim. Il faut oublier le savon, le sel tout ce qui vient de l’extérieur.

Les racines des problèmes de la RCA, c’est qu’elle n’a jamais mûri, ou plutôt n’a jamais atteint la maturité : c’est un pays avec un taux d’illettrés et de semi-illettrés qui est terriblement élevé et où le niveau d’éducation est inqualifiable. Là encore, le Christ nous dit : « Assurez leur éducation ». L’année dernière, le bac a eu lieu en juin à la capitale. Nous n’avons pu l’organiser et le faire passer chez nous, à Rafai, qu’en novembre, dans l’établissement de notre mission, qui est le seul collège-lycée à 100 km à la ronde. La commission nationale a eu peur de venir (en avion) chez nous, malgré les assurances de l’ONU. Le voyage en voiture n’était même pas envisageable. Cette année encore, nous ferons malgré tout, passer le bac à Rafaï.

Dans tous les villages de notre mission, les écoles primaires sont ouvertes, même celles qui se situent dans la région la plus menacée par des rebelles musulmans. Deux de ces établissements ont été complètement brûlés. Il y a encore un an, nous avions des élèves musulmans dans nos écoles. Leur absence est une grande perte : eux aussi ont besoin d’éducation.

Le miracle est possible


Le Christ avec les apôtres a nourri cinq mille affamés. Nous avons 2.500 élèves. Pour commencer l’année scolaire en octobre, après les vacances, nous avons besoin d’une tonne (400 g par élève) de matériel scolaire – cahiers, craie, bics. Déjà en janvier, nous avons trouvé l’argent, avons tout acheté, mais tout reste à la capitale. Comment le transporter chez nous ? Par la route, c’est impossible, les rebelles en contrôlent un tronçon de 300 km. Il faudrait un nouveau petit miracle pour que l’ONU fasse une exception et prenne à part les munitions, les poulets congelés du Brésil, le lait en carton venu d’Allemagne… et également nos cahiers. 

La pétition pour un miracle, nous l’avons déposée il y a deux mois : elle demande donc ce transport du matériel scolaire jusqu’à Rafaï. La pétition circulait du secrétariat des affaires civiles jusqu’au bureau du général en chef, elle s’est enrichie de quelques signatures et autant de tampons, tout le monde souhaite que le miracle se produise. Mais on attend encore l’acceptation de ceux qui couvrent les frais du convoi.

L’éducation seule ne va pas résoudre le problème de la RCA, mais sans l’éducation, on ne peut résoudre aucun problème sur le long terme. En RCA, tout le monde rêve de paix, mais celle-ci ne pourra pas être durable sans éducation. L’enjeu est énorme. Et il exige réellement un miracle. Le nombre d’enfants qui entrent sur les bancs de l’école augmente chaque année. Le contraire de ce qui se passe en occident, où les sociétés vieillissent. Ici, les enfants et les jeunes sont majoritaires. La croissance démographique est galopante. La solution à ce problème ne peut venir que par une éducation renforcée, assurée pour longtemps aux enfants.

Pour le moment, le gouvernement et les ONG ne sont pas présents à Rafaï. Il n’y reste que la mission franciscaine. Peu importe le danger, peu importe ce qui se passe, nous ne pouvons pas la quitter : cela ne ferait qu’augmenter le malheur là où il y en a déjà au dessus de toute mesure. Cela anéantirait les restes d’espoir, dans ce lieu où les nuages de guerre et son non-sens plongent le monde dans le noir.

Mais seuls, nous ne pouvons rien. Pourtant, le miracle est possible, car « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? ».

Kordian Merta, OFM

vendredi 22 juin 2018

FÊTE DE SAINT ANTOINE LE 13 JUIN 2018

Cette année, le thème des mardis de saint Antoine au Couvent de Rosemont (Montréal) était "Avec Antoine redécouvrons la prière de Jésus le "Notre Père". La neuvaine s'est terminée lors de la fête à saint Antoine le 13 juin dernier. Le frère Henri Éthier, OFM, a présidé la célébration avec les frères Benoît Njumbwe Bahati, OFM, un congolais arrivé le 29 avril dernier pour une période de deux ans, Vivalde Robert, OFM, et Roger Brisson, OFM, au chant.

Le Bureau des Missions des Franciscains avait invité les membres de l'Union missionnaire franciscaine (U.M.F.) à participer à cette célébration. Soulignons que l'U.M.F. est sous le patronage de saint Antoine de Padoue. Les membres de l'U.M.F. ont reçu, de la part du Bureau des Missions, une neuvaine à saint Antoine en lien avec le synode des évêques sur les jeunes qui se déroulera cet automne. Les membres ont été conviés à soumettre leurs intentions auprès de saint Antoine. Lors de la célébration, les intentions ont été déposées à l'autel par Richard Chartier, OFS, directeur du Bureau des Missions.

Comme le mentionnait le frère Henri, en conclusion de la célébration, nous sommes appelés à devenir des missionnaires dans notre milieu et à nous engager comme chrétiens-nes à répandre autour de nous la Bonne Nouvelle. La neuvaine devrait nous préparer à cette mission, car au-delà de nos intentions personnelles, saint Antoine, à la suite de Jésus, incitait les fidèles à devenir des témoins actifs dans le monde, à devenir des "disciples-missionnaires" comme nous le rappelle si souvent le pape François.

Pour devenir membre de l'U.M.F. et obtenir des informations, cliquez sur l'onglet L'Union missionnaire franciscaine.

Photos: Jeanne Lebel.

Le pain de saint Antoine devant l'autel.

Le frère Henri, célébrant, les frères Benoît (à droite), Vivalde (extrême gauche) et Roger (gauche).

Le frère Roger Brisson anime le chant.

Les intentions à saint Antoine des membres de l'U.M.F. déposées à l'autel.

mardi 29 mai 2018

JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LA SAUVEGARDE DE LA CRÉATION 2018


Le Bureau des Missions des Franciscains vous invite à participer à la 4e édition de la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création en vous fournissant la proposition de célébration suivante. Ce canevas pourra être revu, bonifié, modifié au besoin, selon vos intentions.

Ce document peut être téléchargé et imprimé sans frais ICI

Bonne célébration !

WORL DAY FOR THE CARE OF CREATION 2018

The Franciscan Mission Office invites to you to participate in the fourth edition of World Day of Prayer for the Care of Creation by using the celebration that we propose to you. Please feel free to revise, improve and change this document.

You can also download CLICK HERE

Good celebration !

jeudi 3 mai 2018

NOTRE PROJET MISSIONNAIRE AU PÉROU - PROJET 27

Le Comité de sélection des projets du Bureau des Missions des Franciscains a retenu le projet du Vicariat St-Joseph de l’Amazone au Pérou. Il s’agit d’un appui financier pour les besoins de subsistance des 16 postes de mission du Vicariat : nourriture, électricité, gaz, eau, combustible, etc.

Carte du Vicariat Saint-Joseph de l'Amazone avec les postes de mission.
Pour vous informer au sujet du travail des missionnaires du Vicariat Saint-Joseph de l’Amazone, Yvan Boucher, Vicaire Général et curé de Tamshiyacu (un poste de mission du Vicariat), a bien voulu répondre à nos questions.

Richard Chartier (R.C.) – Quels sont les activités et les projets des missionnaires du Vicariat pour cette année et les années à venir ?

Yvan Boucher (Y.B.) – Il y a deux projets qui ont une dimension vicariale.
En premier lieu, le Centre de Catéchèse « Mgr Lorenzo Guibord », commencé en l’an 2000, continue d’être pour nous un grand don de l’Année Jubilaire. Bien que le nombre de participants ait diminué, passant de 100 dans les meilleures années à un peu plus de 30 pour cette année 2018, il n’en demeure pas moins que ce Centre vicarial de formation pour nos catéchètes continue de jouer un rôle prépondérant dans notre Vicariat.

Grâce à ses ateliers de 5 jours, dans lesquels les participants travaillent sur leur identité culturelle, ceux-ci arrivent à reconnaître avec fierté qu’ils sont presque tous de descendance autochtone. Ceci est un grand pas vers le plein accueil, sans préjugés, des nombreuses peuplades autochtones présentes sur le territoire de notre Vicariat. Un pas préliminaire dans la formation autant des catéchètes que des animateurs et des missionnaires eux-mêmes qui nous viennent d’ailleurs. Ceux-ci sont appelés à entrer dans un processus d’inculturation, un grand défi et une grande tâche que nous allons assumer cette année dans le Vicariat avec une nouvelle ardeur, en conformité avec le message que le pape François nous a laissé durant sa visite à Madre de Dios, territoire de mission aux périphéries du Pérou, aux frontières avec la Bolivie et le Brésil. C’est là que François a pu connaître une grande joie, celle d’être accueilli par plusieurs peuples autochtones dont certains avaient parcouru de très grandes distances à pied ou en canots pour venir à sa rencontre. 

Grâce à ses ateliers d’identité culturelle, organisés chaque année depuis plus de 15 ans et consacrés à l’identification et l’acceptation des racines autochtones de la population de notre Vicariat, le Centre « Mons. Lorenzo Guibord » a tracé un chemin que nos différents Postes de Mission pourront parcourir pour avancer eux aussi dans leur inculturation.

R.C. – En quoi consiste le deuxième projet du Vicariat ?

Y.B. – Le Centre de Formation, pour nos animateurs de la vie chrétienne dans les villages, offre aux différents Postes de Mission, à chaque 2 ans, une formation de 3 à 8 jours, pouvant recevoir 2 à 4 animateurs par Poste de Mission. La dernière rencontre a réuni 24 animateurs de 9 Postes de Mission du Vicariat. Le thème de cette année fut « prendre soin de notre maison commune » et vivre une spiritualité écologique. Ce fut entre autres une prise de conscience que tout est relié dans la nature : si les arbres de la forêt amazonienne ont besoin de pluies abondantes, les pluies pour leur part ont besoin des arbres de la forêt pour demeurer abondantes et pour s’étendre sur l’ensemble de l’Amérique du Sud. La grande forêt amazonienne est indispensable à l’agriculture de notre continent, en plus d’être indispensable pour combattre le réchauffement de la planète. Et cette Amazonie nous est confiée : une grande mission pour nous de l’Amazonie !

En plus du thème de la défense de la forêt amazonienne, la dernière grande forêt de notre planète, nous avons révisé cette année notre « Guide vicarial de l’Animateur » qui date de l’année 1988 afin d’actualiser le statut des animateurs dans notre Vicariat.

Plusieurs animateurs sont des hommes de Dieu remarquables. Ils vivent leur service d’animation de la foi dans leur village comme une vocation, prêts à l’accomplir jusqu’à leur mort. C’est à nous de les accompagner et de leur donner une formation comme ils le méritent et selon leurs besoins. Notre engagement avec eux continue d’être ceci : leur donner une formation intégrale et permanente, et actuelle grâce au magistère du pape François.
Animation du Centre de Formation. Crédit photo: Vicariat

Pour plus d’informations au sujet de ce projet, consultez le dernier numéro de la Revue des Missions des Franciscains, mars 2018 (voir billet précédent).

mardi 13 mars 2018

REVUE DES MISSIONS DES FRANCISCAINS MARS 2018


Voici le nouveau numéro de la Revue des Missions des Franciscains (mars 2018) !

Avec pour thème "Vous aimerez l'étranger" (Dt 10,19), le numéro aborde la question des migrants avec des textes d'informations et de réflexions sur ce sujet.

Également, comme à chaque numéro de mars, nous effectuons le bilan de nos projets missionnaires de l'année écoulée. Nous proposons une nouvelle solidarité en appuyant les œuvres du Vicariat St-Joseph de l'Amazone au Pérou. Il s'agit de notre 27e projet et nous pouvons toujours compter sur la générosité de nos donateurs, ce qui est formidable !

Le Provincial de la Province St-Joseph du Canada, le frère Pierre Charland, OFM, signe un article sur les 80 ans de présence des Franciscains en Corée. Des frères de la Province ont amorcé la vie franciscaine dans ce pays d'Asie en 1937. Il existe un lien historique et fraternel entre les deux Provinces franciscaines.

Et bien d'autres articles passionnants vous attendent.

Bonne lecture !

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lundi 12 mars 2018

DÉCÈS DU FRÈRE JEAN FORTIN, OFM

Frère Jean Fortin, OFM (photo: Néhémie Prybinski)
C'est avec grande tristesse que nous vous informons du décès du frère Jean Fortin, OFM, qui s'est dévoué au Bureau des Missions et aux missionnaires pendant 41 ans (1972-2013).

Lors de sa retraite du Bureau des Missions en  mars 2013, nous lui avons rendu hommage dans la Revue des Missions des Franciscains (août 2013, Vol. 91, no.2):

Le frère Jean a consacré une bonne partie de sa vie aux missionnaires et à la mission avec générosité et enthousiasme. On lui reconnaît de nombreuses qualités: travailleur assidu et appliqué, un frère rempli de bonté, accueillant et fraternel, d'un coeur humble et authentique, un être profondément spirituel et qui accorde une importance aux valeurs évangéliques et franciscaines.

Ainsi, dans la Revue des Missions de décembre 1986, le frère Fortin écrivait: "Notre vocation franciscaine nous presse de brûler de zèle à l'instar de notre Père François pour porter toujours plus loin et au delà la Bonne Nouvelle de la Rédemption."

La biographie du frère Fortin est impressionnante. Et nous n'avons retenu que ses engagements au Bureau des Missions ! Voici sa feuille de route:

-Secrétaire-comptable du Bureau des Missions (1972-1978)
-Directeur intérimaire du Secrétariat provincial des Missions (octobre 1973 à janvier 1974)
-Responsable du Secrétariat pour l'activité missionnaire (1975-1987)
-Administrateur puis responsable du Bureau des Missions (1975-2002)
-Secrétaire pour l'évangélisation missionnaire (1987-2002)
-Superviseur pour les questions économiques au Bureau des Missions (2002-2005)
-Assistant du directeur et aide à la comptabilité au Bureau des Missions (2005-2013)

Dans l'article qu'il signait dans la Revue des Missions (décembre 1986), le frère Jean Fortin affirmait: "Ma première conviction sera donc d'affirmer que nos missionnaires demeurent tout proches de notre coeur, qu'ils nous sont chers et que nous en sommes fiers." À notre tour, cher frère Jean, de vous dire combien vous serez toujours dans notre coeur et que nous sommes fiers de vous !

L'équipe du Bureau des Missions et les missionnaires tiennent à rendre hommage au frère Jean Fortin.

Nous prions pour le repos de son âme.